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Dans la cité de la Grande Borne, à Grigny

Grigny en deuil : retour sur le meurtre des frères Sylla

28 min
À retrouver dans l'émission

Deux frères de 26 et 28 ans ont été tués par balles le 5 octobre dernier, en pleine journée, dans une rue de la cité de la Grande Borne, à Grigny. Rencontre avec les habitants, qui se souviennent des deux victimes, et sont en colère contre cet épisode de violence qui vient endeuiller la ville.

Dans la cité de la Grande Borne, à Grigny
Dans la cité de la Grande Borne, à Grigny Crédits : Emilie Chaudet

Ce qui s’est passé le 5 octobre vers 12h30 dans la cité de la Grande Borne à Grigny dans l’Essonne, on le sait. Deux frères, l’aîné de 28 ans, Moudy et Samba de deux ans son cadet, ont été abattus par des tirs provenant apparemment d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Nous sommes au pied de cet étonnant labyrinthe qui ondule comme un serpent d’immeubles de quelques étages, sinistrement célèbres pour être une des cités les plus difficiles d’Île-de-France.

En même pas quatre, cinq ans, j'ai perdu 5 amis. C'est dur... [...] Le niveau de violence m'a étonné, a étonné les habitants de Grigny. Ce qu'ils nous restent à faire, c'est un travail pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'autres Moudy et Samba.

C’est ici par exemple qu’en octobre 2016 des voitures de polices ont été attaquée aux cocktails Molotov blessant quatre policiers et déclenchant des manifestations de colère des force de l’ordre. C’est aussi dans cette cité qu’a grandi Amedy Coulibaly, auteur des attentats de l’Hyper casher du 9 janvier 2015. C’est ici que vivent 11 000 des 28 000 habitants de Grigny parmi lesquels évidemment des familles sans autre histoire, en grande majorité, que celle d’une grande pauvreté.

"La motivation du crime reste à préciser"

Ce qui s’est passé le 5 octobre est hélas connu, mais les raisons qui ont poussé le tireur à s’en prendre à ces deux garçons le sont moins. Pour reprendre les termes du juge d’instruction qui a arrêté deux suspects, « la motivation du crime reste à préciser. » D’après des informations recueillies auprès de nombreux témoins, il faut clairement écarter le trafic de drogue des mobiles. Eliminer terrorisme et djihadisme, ainsi que l’affrontement entre bande rivales, un temps évoqué par la presse à sensation. Le plus vraisemblable pour l’instant, ce qu’on peut supposer, c’est qu’il s’est agi d’une embrouille, une de ces disputes d’argent qui dégénère de manière incontrôlable comme dans les films de Scorsese en violence extrême et disproportionnée, comme une d’escalade imprévisible et inéluctable, la fameuse spirale de la violence. Car en plus, l’embrouille ne s’est pas arrêtée à la mort des garçons. Peu après la fusillade, le tireur a lui-même été attaqué et frappé par une foule réunie par le bruit des tirs. La police une fois arrivée a dû ensuite porter secours à un autre homme, lui aussi passé à tabac : selon Le Parisien, le père du tireur venu chercher son fils.

Retour à Grigny non pas en quête de ce qui s’est passé mais de ce qui s’en est suivi et du sens qu’on peut donner à ces deux morts violentes.

Chanson de fin : "De la tendresse" par Yellow - Album : "Ma petite vie" (2015) - Label : RSP Music.

  • Reportage: Emilie Chaudet
  • Réalisation: Alexandra Malka

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