LE DIRECT
Un soldat bosniaque enlace sa petite amie, à Sarajevo, en novembre 1995.
Épisode 4 :

Pierre Torrès, chasseur de révolutions

28 min
À retrouver dans l'émission

Pierre est parti en Libye quelques jours avant la chute de Khadafi pour voir la révolution de ses propres yeux. Devenu journaliste par le fait, il va quelques mois plus tard en Syrie. Retenu en otage pendant 10 mois et libéré au printemps 2014, il raconte son parcours.

Graffiti anti Kadhafi en Libye
Graffiti anti Kadhafi en Libye Crédits : Jerome Starkey - Getty

Qui est Pierre, pas exactement journaliste, pas exactement amateur, enlevé et détenu alors qu'il était parti en Syrie soutenir et observer la révolution ? 

Pierre Torres a 30 ans, il se souvient de sa prise d'otage. Depuis sa libération, il est labellisé journaliste mais c'est en réalité un "simple" passionné de révolution. 

Il reste deux mois en Libye, assiste à la chute de Kadhafi et participe à la rédaction de médias rebelles sur internet. 

La seule chose qui semble animer Pierre est la révolution. Très vite après son retour de Libye, il repart faire son printemps arabe à lui. Il narre ce qu'il a vu avec froideur, de décapitations en combats armés.

Tous ces gens qui m'ont toujours parlé de révolution sont absents au moment de la faire. Ceux qui restent sont des gens de la campagne, qui sont assez traditionalistes, qui sont croyants et qui veulent un régime qui tienne en compte l'islam. (Pierre Torres)

Après son premier voyage en Syrie, il vend ses photos à l'AFP et décide de consacrer l'argent gagné à étudier la philosophie dans les universités Paris 1 et Paris 8. Il repart un an plus tard avec un ami en Syrie pour rencontrer les mouvements kurdes, puis il décide, au printemps 2013, de se rendre à Racca, où il est fasciné par l'effervescence de ce qu'il identifie comme un laboratoire démocratique de la révolution. 

On se retrouve dans un café qui rassemble de nouveaux intellectuels. Il y a beaucoup d'activistes sur place, qui souhaitent organiser des élections pour plus de démocratie. (Pierre Torres)

Personne ne s'intéressait à ces gens-là, c'est la situation, très foisonnante, que j'avais recherchée depuis toujours dans ces révolutions arabes. (Pierre Torres)

Puis il décrit les conditions de détention qu'il a vécues. 

On mangeait bien, du pain, du houmous, mais en quantité vraiment ridicule. On s'est tous retrouvé vraiment très maigres, sans pouvoir se laver, ce qui fait qu'on tombait souvent malade et qu'on attrapait des parasites. Quand on pouvait parler on parlait, autrement on pouvait parfois jouer aux échecs. (Pierre Torres)

Pierre répète que ce qu'il a vécu n'est rien par rapport à ce que le pays fait vivre à ses insurgés. Rien ne l'empêchera de retourner observer les processus révolutionnaires de plus près, que ce soit en Syrie, à Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs, même les soupçons de terrorisme de l'État français...

Reportage : Olivier Minot

Réalisation : Marie Plaçais, Angélique Tibau

Merci à Claude Guibal, à la maison de la grève de Rennes, Jehan Richard Dufour.

Première diffusion : 10/11/2014.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......