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Marilia Petite.

Journal breton : Marilia Petite

28 min
À retrouver dans l'émission

Marilia Petite a quitté son village centre-breton pour vivre dans une cabane en Sibérie orientale, où elle a habité avec son mari Kotya. À un an d'écart, double rencontre avec cette mère de famille, lors de retours dans la ferme familiale à Trémargat.

Marilia Petite.
Marilia Petite. Crédits : Inès Léraud - Radio France

Avec son journal breton, Inès Léraud enquêtait sur l'industrie agro-alimentaire en Bretagne. Dans la seconde saison, elle dressait un bilan des changements qui ont eu lieu depuis qu'elle était arrivée à Maël-Pestivien et alentours, avant de rencontrer d'autres Bretonnes et Bretons. Aujourd'hui, direction Trémargat.

Trémargat fait figure d'exception. Et Marilia Petite en est la fierté, l'étoile. Dès qu'elle arrive dans le village, Inès Léraud entend directement parler de cette baroudeuse qui se décrit comme une exploratrice, et qui ressemblerait presque à une héroïne de Jack London. Elle a grandi dans la ferme du village : à 22 ans, elle a construit un tipi pour y vivre.

Le matin, j’allais faire mes ablutions dans le ruisseau.

En 2009, elle se lance dans un tour d'Europe avec un ami. Elle traverse les pays baltes jusqu'à l'Oural russe. Elle continue même à vélo jusqu’à la Mongolie et la Chine.

On est arrivé dans un village perdu sur la rivière Bikine, où il n’y a plus de routes. On y a passé trois semaines, et quelque chose m’y a plu. Je n'avais pas envie de repartir de la Russie pour me retrouver dans la civilisation, dans quelque chose de moins sauvage. J'y suis restée.

Là-bas, les gens vivent encore réellement de la forêt. Ils sont chasseurs, pêcheurs. J’ai rencontré mon mari, aussi, avec qui j’ai eu deux enfants.

Marilia et son fils.
Marilia et son fils. Crédits : Inès Léraud - Radio France

En effet, Marilia rencontre Kostya, qui deviendra le père de ses deux enfants. Ensemble, ils vivent en autarcie dans la forêt. Marilia doit apprendre rapidement le russe, et se souvient du cadre de vie paradisiaque. 

Là-bas, tout est vivant, tout est dynamique. La rivière change tout le temps, les berges apparaissent alors que l’eau descend… 

La vie avec les locaux est paisible et agréable :

Le seul amour que j’avais, c’était la vie de la forêt. Pour eux, ça résonnait, car c’est leur vie.

Quand elle se rappelle son aventure sibérienne, Marilia parle d'une histoire « belle ». Son mari Kostya retourne en forêt pour elle, par exemple, ce qu’il ne faisait pas auparavant. Néanmoins, ses problèmes avec l'alcool ont vite dégénéré...

Quand on allait au village, pour moi, c’était l’enfer. Parce que la vodka, ça détruit, quoi. Et il en est mort.

On est alors en 2015. La vie dans la taïga prend un nouveau tournant pour Marilia. Elle déplace la baraque dans laquelle elle vivait alors pour la mettre sur un autre terrain, avec ses enfants.

Kostya, par Marilia Petite.
Kostya, par Marilia Petite. Crédits : Marilia Petite - Radio France

Après un premier retour en France, Marilia est retournée en Sibérie avec deux de ses amis, qui ont proposé de l'aider à démonter sa baraque. Elle y a passé un hiver, avant de revenir dans la ferme de ses parents à Trémargat. Elle tient à ce que ses deux enfants conservent un lien avec leurs racines sibériennes, avec leur père.

On pourra toujours revenir, retourner là-bas. On a toujours un endroit dans cette vie-là...

Reportage : Inès Léraud

Réalisation : Cécile Laffon, Emily Vallat

Merci à Marilia Petite, à ses enfants, ainsi qu'à Marie-Jo C. et Alice Sternberg.

Musique de fin : "Battlefield", Marc Morvan - Album : The offshore pirate, 2016 - Label : Artisan.

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