LE DIRECT
En 2007, un conducteur de tramway faisant halte à Bobigny.

Jurassic Tram

28 min
À retrouver dans l'émission

C’est une plongée dans le 9-3. Une rencontre avec ce territoire, souvent fantasmé. Une visite, guidés par les regards précis de Gilles et Patricia, chauffeurs du tram n°1.

En 2007, un conducteur de tramway faisant halte à Bobigny.
En 2007, un conducteur de tramway faisant halte à Bobigny. Crédits : Lily Franey - Getty

Cela fait vingt ans que Gilles conduit le tram n°1. Plus ancien tramway d'Ile de France, il traverse tout le département de la Seine-Saint-Denis.  

On l'appelle "Jurassic Tram" : ça veut dire ce que ça veut dire. On dit aux passagers que le tramway est en panne et ils s'arrêtent d'eux même. On leur explique qu'il y a un problème, on les fait descendre. Les gens sont tellement habitués à tout ça. Une autre population, à un autre endroit, ça ne se passerait pas de la même façon.

Les accidents ne sont pas rares et Gilles est toujours sur le qui-vive. Mais cette attention permanente n'est pas toujours suffisante. Comme ce soir de septembre où, après avoir ressenti une légère secousse, Gilles doit descendre de son tramway pour en déterminer la cause. 

J'ai vu un homme allongé sous la rame, recroquevillé sur lui même, pris de panique. 

Je me suis demandé pourquoi c'est arrivé. Mon métier c'est de transporter les gens. Ce n'est pas d'enlever un bout de leur vie. J'ai été très perturbé, très choqué. 

Malgré cet accident, Gilles est très attaché à son tramway. Celui-ci transporte 200 à 300 personnes et autant de vies et d'histoires

Je reconnais que je suis assez amoureux de mon tramway. C'est vivant, c'est jamais pareil. Même si la ligne est la même, rien n'est jamais pareil. 

Patricia, elle, est aux commandes du tram n°1 depuis onze ans.

Je l'aime bien ce tram. J'aurais du partir sur un autre, mais j'ai préféré rester là. (...) Je suis contente car je n'ai pas de diplômes mais j'ai quand même une bonne place. 

Jusqu'ici, c'était très surveillé. Je pense qu'on était les seuls à avoir la police sur les quais. Dès qu'elle voyait quelqu'un sans masque, ils mettaient des amendes direct. A Paris, on ne voyait pas ça sur le T2. 

Quand on commence à 4h15, on voit les étrangères qui vont bosser, faire le ménage dans les bureaux, les hôpitaux. Tu vois toujours les mêmes têtes à 5 heures du matin. Le ménage, les rues, c'est eux. De toute façon, tu ne vois pas beaucoup de blancs nettoyer les rues, au moins en Ile-de-France.

  • Reportage : Fabienne Laumonier 
  • Réalisation : Cécile Laffon 

Merci à Gilles, Patricia, Mathieu et au service presse de la RATP. Merci à Dafné , Célia, Stéphane, aux usagers du tram numéro 1 et aux  (différents) vendeurs de cigarettes du 8 Mai 1945 de la Courneuve.

Musique de fin d'émission : Oxala Te Veja - Oquestrada

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......