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Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers.

La bulle : jeunes des beaux quartiers

27 min
À retrouver dans l'émission

Adolescents à l'époque, trois jeunes adultes racontent leur évolution au sein d'une famille riche. Ils confient leurs souvenirs de virées shopping dans un taxi privé aux vitres teintées. Malgré une vie sans problème apparent, chacune de leur histoire raconte une gêne.

Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers.
Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers. Crédits : David De Lossy - Getty

La première personne qui nous raconte son histoire est étudiante en école de commerce, elle a grandi dans une famille noble, entre un père financier, et une mère travaillant pour une marque de prêt à porter.  Scolarisée dans un établissement catholique, elle a intégré un collège public lors de son entrée en classe de 5ème. Ce qui a changé sa vision du monde. 

J'ai grandi dans une bulle, où tout le monde est plus ou moins catholique, où tout le monde a un certain train de vie. En rentrant au collège, j'ai du m'adapter et ouvrir les yeux sur le fait que tout le monde n'habite pas dans les beaux quartiers, dans des appartements de 300 mètres carrés. 

Cela me paraissait très bizarre de voir que tout le monde ne partait pas skier l'hiver. Pour moi tout le monde sait skier. Je trouve ça drôle de me dire qu'on fait des choses toute notre vie que des personnes n'ont jamais fait. 

Malgré son ouverture d'esprit, ce changement est compliqué, cela prend du temps de changer ses automatismes

Aujourd'hui, je me considère toujours comme snob, parce que ce sont mes racines. Si j'arrêtais d'être snob, c'est comme si j'arrêtais de porter mon nom de famille. Mon éducation me colle à la peau : on m'a appris à juger et à porter un regard critique sur plein de choses. 

Le second est étudiant en droit et habite à Paris. Fils d'un directeur de fonds d'investissement, il regrette qu'on lui colle des "étiquettes". 

Quand j'étais en seconde, deux filles de ma classe m'avaient attribué l'étiquette de "gros catho riche". Elles le disaient comme un reproche, comme si ce n'était pas bien. Moi, j'étais outré : c'est ridicule de coller ces étiquettes. Je préfère juste ne pas en parler, parce que je ne veux pas que l'on pense à ça lorsqu'on pense à moi. 

Il veut devenir artiste contemporain. 

Si je deviens artiste, je voudrais faire des expositions dans de grands centres comme le Pompidou ou le Tate Modern, pour plonger le spectateur dans quelque chose. J'ai envie de faire des choses spectaculaires. 

Le troisième est architecte. Entre 13 et 17 ans, il a vécu dans l'Est parisien avec ses parents, dans un quartier populaire.

Mes amis venaient de milieux assez différents. On jouait beaucoup au basket, on regardait des clips et on mixait. J'avais plus de moyens qu'eux et je le partageais. 

Il se souvient de la honte qu'il ressentait vis-à-vis de copains bien moins privilégiés.

Le lundi, nous remplissions régulièrement un caddie au centre commercial, de plusieurs milliers de francs. Nous y allions dans une Berline Mercedes noire. Lorsque nous arrivions dans le quartier, je me dépêchais de rentrer les courses, je fermais la porte et les rideaux avant de commencer à préparer à dîner. 

  • Reportage : Alice Babin
  • Réalisation : Cécile Laffon

Musique de fin : "Deux hirondelles" de Aline. 

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