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La basket, objet de désir... et de spéculation.

La chasse aux sneakers

28 min
À retrouver dans l'émission

Les baskets se revendent aujourd’hui comme des œuvres d’art. Les modèles rares et neufs sont cotés sur des sites qui se sont imposés comme des bourses de la basket. Histoires de chasseurs de sneakers qui spéculent sur des modèles fétiches.

La basket, objet de désir... et de spéculation.
La basket, objet de désir... et de spéculation. Crédits : Ivan Senga - Maxppp

Face au boom des sneakers, ils passent des heures à « camper » devant les magasins pour espérer attraper une paire en édition limitée, comme les Yeezy, la Lamborghini de la basket, ou des Air Jordan x Dior. Les resellers se moquent de la taille, ils prennent toutes les paires qu'ils peuvent pour les revendre. Ils participent aussi à des loteries en ligne ou à des chasses au trésor pour repartir avec les précieuses chaussures.

Florent gère une boutique de sneakers à Lyon, autrement appelé "retailer". Depuis son magasin, il a vu l'engouement pour les baskets grandir au fil du temps :

Au début, la queue devant le magasin était bon enfant, on était tous là pour la même chose. Et puis, on s'est aperçu qu'il y avait de plus en plus de monde et les gens ont commencé à s'organiser... 

Le trafic de sneakers se met en place et Florent assiste, impuissant, au phénomène du "resell".

Le resell est le fait de vendre une paire plus chère qu'au prix du magasin,  parce qu'elle est rare et que tout le monde ne peut pas en acheter.

Les files d'attente devant sa boutique frisent parfois l'émeute. Florent décide alors d'organiser une chasse au trésor pour désigner les heureux gagnants qui auraient le droit de venir acquérir des éditions limitées. Mais face à des candidat.e.s en furie, Florent commence à craindre pour leur sécurité. 

Kassandra, elle, a créé le "Sneakers legit" en 2019, à Clermont-Ferrand. Ce grand rassemblement attire des fans de sneakers venus de la France entière. On y trouve toutes sortes de pièces, dont certaines sont vendues à prix d'or. 

Une paire Dior, qui s'est associé avec Nike, si elle n'est pas portée, vaut 7 000 euros. Des resellers sont spécialisés dans ces paires, dans ce business. Certains sont venus, pas spécialement pour les acquérir, mais juste pour les voir. 

Pour Kassandra, c'est une addiction, presque "une partie d'elle" : 

Les sneakers, c'était l'investissement de mes premières payes. Je ne leur donne pas de prénoms, mais presque. Je ne pourrais jamais les revendre

Léopold a 14 ans, et se définit comme un "reseller" amateur. Il se presse parmi les participants du "Sneakers legit", à l'affût de la bonne affaire. Le jeune garçon connaît déjà bien les ficelles du métier : 

Le resell c'est le trading de la basket. Je vais sur mon téléphone, sur Instagram. Je prends la paire en photo et je mets une story. Il faut qu'elle attire l'oeil. Dans cinq ou dix minutes, j'aurai mes premières réponses. 

Brian a 22 ans. Plus jeune, son activité de reseller l'a conduit à des rencontres inoubliables. Aujourd'hui, il possède un boutique en plein coeur du centre-ville lyonnais.  

Avec mon associé, on travaille du lundi au samedi. Quand l'un de nous deux le peut, on dort devant le magasin et on récupère la paire. 

Selon un rapport du cabinet Cowen & Co, le marché de la revente de baskets pourrait atteindre 6 milliards de dollars d'ici 5 ans.

  • Reportage : Daphné Gastaldi 
  • Réalisation : Anne-Laure Chanel 

Musique de fin d'émission : "My Adidas" de Run-DMC. 

Merci à Florent Altounian, Bryan, Léopold et Kassandra Emard. 

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