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La mère porteuse

27 min
À retrouver dans l'émission

Condamnée à un an de prison avec sursis pour avoir réalisé des gestations pour autrui, cette mère de famille raconte pourquoi elle a fait ce choix et comment elle en est venue à "vendre" le même enfant à plusieurs couples et ce à deux reprises.

Crédits : Olexander Zobin - AFP

Dans un livre publié en 2010, le philosophe Ruwen Ogien compare l'achat de services sexuels, la vente d'organes et la gestation pour autrui rémunérée et pose entre autres la question de savoir si nous n'aurions pas un devoir moral de mettre notre corps à disposition de ceux qui en ont besoin. Il se demande également pourquoi ces services ne pourraient pas être achetés ou vendus si telle est la volonté des partenaires de l'échange. 

Dans son livre, il détaille certaines raisons opposées à cela et s'attarde en particulier sur les arguments dits conséquentialistes. Pour certains en effet, ces échanges ont des conséquences monstrueuses, ne produisent que des inégalités sociales et du malheur humain. Pour d'autres, qui se soucient tout autant des conséquences de nos actes, ces échanges ont des effets positifs.

Aujourd'hui, en France, la GPA se pratique et l'interdire est impossible. Alors pourquoi refuser de légiférer, d'encadrer cette pratique pour la rendre plus humaine, plus juste et moins dangereuse ?

C'est la question que vous vous poserez peut-être en écoutant l'histoire que vous allez entendre.

En 2008 il s'est avéré que je suis tombé enceinte. J'ai eu une opération et au cours de cette opération j'ai pensé que faisais une fausse couche [...] et je n'ai pas cherché à aller plus loin. 

Au mois de mars-avril, j'ai commencé à sentir des coups dans mon ventre. J'ai été voir un gynécologue qui m'a confirmé que j'étais enceinte de quatre mois et demi à ce moment là, avec un mari avec lequel tout n'allait pas bien. [...] Il ne veut surtout pas un nouvel enfant. On en avait déjà quatre et j'étais dans l'optique de trouver professionnellement quelque chose qui me plaise. [...] Ce bébé n'est pas bien arrivé.

J'étais désespérée, et je ne savais pas quoi faire. J'ai discuté avec un médecin qui connaissait un couple qui n'arrivait pas à avoir d'enfants et qui m'a demandé si j'étais sûre de vouloir faire adopter ce bébé. [...] L'idée de voir un bébé dans une pouponnière sans les bras d'une maman ou d'un papa dès la naissance, ça me faisait mal. Lorsqu'il m'a parlé de ce couple, je me suis dit que oui, que ça pouvait être une bonne opportunité de rendre un couple heureux, de savoir que le bébé dès le début serait aimé. J'ai donc poursuivi la grossesse pour ce couple

C'est une rencontre qui est pleine d'émotion. En discutant avec eux, vous avez la future maman qui pleure, qui me raconte son combat pour essayer d'avoir un enfant et qui n'y arrive pas.

À compter de ce moment-là, j'ai arrêté de réfléchir et je me suis dit que ce bébé serait bien avec eux, donc j'ai poursuivi la grossesse pour eux.

Chanson de fin : "I'm a lie" par Charlotte Gainsbourg - Album : "Rest" (2017) - Label : Because music.

  • Reportage : Leila Djitli
  • Réalisation : Alexandra Malka
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