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Manifestation de retraités

Le déclassement social

28 min
À retrouver dans l'émission

Ils ont largement passé l’âge de la retraite, mais ils travaillent encore. Ce n’était pas ce qu’ils avaient prévu, mais, faute de moyen, à plus de soixante-dix ans, en France, ils bossent pour arrondir les fins de mois… voire le mois entier.

Manifestation de retraités
Manifestation de retraités Crédits : Boris Horvat - AFP

Ahmed a soixante-sept ans. Suite à diverses anomalies administratives, il ne reçoit pas de retraite alors qu’il a travaillé plus de quarante dans la restauration. 

Je me suis fait licencier à cinquante-et-un ans et comme j’étais déjà âgé, c’était difficile de retrouver un emploi. J’ai pensé à ouvrir mon propre restaurant mais vous ne pouvez pas faire affaire si vous n’avez pas accès au crédit. Ahmed

Les fins de mois sont dures. Alors pour compenser, le week-end, Ahmed vend aux marché puces des objets qu’il trouve dans la rue. Les bons jours, il récolte trente ou cinquante euros, et parfois, malgré une journée passée debout, rien du tout.

Je dépends financièrement de mon épouse, je n’ai aucune ressource. Ahmed

Eliane a plus de soixante-dix ans. Toute sa vie, elle a eu une situation confortable, avec des responsabilités et un mari qui travaillait pour de grandes entreprises. Après plusieurs accidents de parcours, le couple s’est retrouvé à devoir économiser et réduire ses dépenses.

On avait un très bon train de vie. On ne pouvait pas imaginer qu’un jour tout cela allait s’arrêter. Eliane

Malgré son grand âge et sa retraite, Eliane a préféré trouver un emploi pour s’assurer une certaine sécurité financière et s’octroyer quelques menus plaisirs. Au prix d’une fatigue qui s’accumule jour après jour.

Je travaille beaucoup, j’ai de l’arthrose aux mains. C’est difficile physiquement. (...) Je préfère travailler à soixante-dix ans plutôt que devoir me serrer la ceinture au point de ne plus pouvoir sortir. Je continue à travailler pour acheter des livres, pour aller au cinéma. Vivre dignement ma vie. Eliane

Amara a soixante-cinq ans. Elle a été nourrice et femme de ménage toute sa vie, dans des familles cossues des quinzième et seizième arrondissements de Paris. Avec les années, Amara s’est usée et a été déclarée inapte à travailler. 

Les patrons qui nous embauchaient ne voulaient pas qu’on touche des aides. Ils nous forçaient à ne pas être déclarés. Amara

Amara peine aujourd'hui à marcher et à lever les bras. Comme sa retraite ne lui permet pas de vivre dignement, elle décide de continuer à travailler, ne serait-ce qu’un peu, pour mettre du beurre dans ses épinards. 

Garder des enfants à la maison, tenir compagnie aux personnes âgées. En somme, toute activité qui ne la fatiguerait pas.

Je peux encore m’occuper d’enfants à la maison, mais faire des va-et-vient, rester debout, les emmener au square, c’est plus possible. Amara

  • Reportage : Alice Babin
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Chanson de fin : "Stubborn Love" par The Lumineers - Album : The Lumineers (2012) - Label : Decca (UMO)

Merci à Ahmed, Eliane, Amara, et l'UNRPA (l'Union Nationale des Retraités et des Personnes âgées) pour leur confiance et leur accueil.

Playlist à emporter

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