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Ludivine et Christophe Le Monnier

Le jour où on a vendu nos vaches

29 min
À retrouver dans l'émission

Ludivine et Christophe sont éleveurs de vaches laitières dans la Manche, près de Bayeux. La famille croule sous les dettes et Christophe, fils et petits-fils d'agriculteurs, se résigne avec amertume en décembre 2015 à vendre son troupeau.

Ludivine et Christophe Le Monnier
Ludivine et Christophe Le Monnier Crédits : Photo : Thierry Pasquet / Signatures © Flammarion

Depuis 2017, la crise du lait s'est installée en Europe, mais elle prend un tour plus grave en avril 2015 avec la fin des quotas laitiers. Produire une tonne de lait coûte alors environ 350 euros. Les éleveurs sont acculés par cette situation, et se retrouvent en danger... 

Depuis sept ans, Cyril voit ses vaches laitières atteintes par d'étranges maladies. Ses soupçons se portent sur l'antenne électrique THT à quelques dizaines de mètres de sa ferme. Dans la famille de Cyril, on est éleveur de père en fils. Il a commencé à nourrir et traire les vaches à l'âge de 10 ans. Aujourd'hui, il cherche à vendre ses dernières bêtes : 

Aujourd'hui, je ne bois plus de lait. Je ne peux plus en produire, alors je ne m'accorde pas ce plaisir. Cyril 

Ludivine et Christophe sont éleveurs de vaches laitières dans la Manche, près de Bayeux. La famille croule sous les dettes et Christophe, fils et petits-fils d'agriculteurs, se résigne avec amertume en décembre 2015 à vendre son troupeau.

Mon rêve, c'est d'aller skier. Je n'ai pas pu y aller souvent. Je devais travailler et rembourser mes dettes. Christophe

Depuis la première grosse crise du lait en 2009, ça se dégrade. Mon litre de lait est payé entre 23 et 24 centimes d'euros. Christophe

A partir de 2014, les huissiers ont commencé à prélever sur mon compte privé des factures qu'on ne pouvait plus payer. Puis finalement, ils ont vidé le compte. Ludivine 

On est devenus agressifs l'un envers l'autre, envers nos enfants aussi. Il y avait une tension omniprésente. Une fois, je suis rentrée, j'ai trouvé Christophe en pleurs. Il m'a dit : "La solution, c'est peut être le coup de fusil". Ludivine 

Je me disais que si je me mettais une balle ou une corde au cou, ce serait plus un souci. Christophe

Maintenant, je vais arrêter les animaux complètement, et essayer de trouver un emploi à mi-temps, à côté de l'exploitation. C'est difficile, parce que j'adore les animaux et les vaches. Christophe

Chanson de fin : "Devil in my veins" par Yelawolf - Album : "Love story" (2015) - Label : Shady records 50%.

  • Reportage : Alice Milot
  • Réalisation : Anne Kobylak et Emmanuel Geoffroy
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