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Extrait de la série photo "Le Miam collectif, une utopie vivante" exposée au bar l'Atmosphère Bella Ciao à Perpignan pour le Festival Off (Prix Découverte 2021)
Épisode 14 :

Le Miam de Perpignan

28 min
À retrouver dans l'émission

À Perpignan, depuis 2018, le MIAM Collectif propose des repas au coût modique à destination des publics vulnérables. L’offre culinaire favorise les filières courtes de production agricole, biologique et fermière.

Extrait de la série photo "Le Miam collectif, une utopie vivante" exposée au bar l'Atmosphère Bella Ciao à Perpignan pour le Festival Off (Prix Découverte 2021)
Extrait de la série photo "Le Miam collectif, une utopie vivante" exposée au bar l'Atmosphère Bella Ciao à Perpignan pour le Festival Off (Prix Découverte 2021) Crédits : Tristana Carrasco - lien instagram : @tristana_carrasco

En 2019, la cantine solidaire Miam ouvre à Perpignan pour offrir des repas à tous les habitants du quartier et alentours. Rencontre avec les cuisinières et les clients qui se retrouvent dans la chaleur de ce lieu associatif et alternatif, autour de patates au four et de caviar d'aubergine...     

Les cheffes cuisinières

Du côté des fourneaux, les cuisinières ont quitté des études et des métiers souvent prestigieux pour travailler à la cantine solidaire. Elles y ont trouvé un emploi conforme à leurs valeurs. 

J'ai fait Sciences Po à Aix et j'ai eu un besoin de faire quelque chose de mes mains, quelque chose de différent. Et puis aussi de changer d'endroit. J'ai une copine qui m'a dit : "Tu fais super bien la cuisine, tu devrais faire un petit camion sur les marchés étrangers !" Camille

Lia a fréquenté l'école Ferrandi, une haute école de gastronomie et de management hôtelier, située à Paris. Mais le rythme infernal de la formation et la violence des conditions de travail dans les restaurants étoilés ont eu raison d'elle.

J'étais stagiaire, mais je travaillais comme une salariée travaillant entre soixante-dix et quatre-vingts heures par semaine, avec du harcèlement moral et sexuel. Tu te retrouves à faire des impasses sur ta vie privée, sur ta santé... Et là, j'ai dit stop ! Lia

Léa a travaillé ensuite sur des bateaux en tant que chef cuistot. En mer, elle a pu côtoyer "le monde des milliardaires et du luxe", mais elle ne s'y sent toujours pas à sa place. Il lui manque un "lien humain". C'est en devenant cuisinière pour la cantine Miam qu'elle le trouvera...

"C'est toujours bon !"

Dans nos adhérents, il y a un peu tout le monde : des retraités en difficulté du quartier, des personnes SDF, des personnes très précaires qui vivent sur la place... Tous les usagers et usagères du quartier, ça permet aux gens de se côtoyer, de se voir. Camille

A table, les habitués ne cessent de vanter le mérite des cuisiniers. Ils louent unanimement la bonne ambiance du lieu, qui permet de se retrouver, de discuter, de se réchauffer autour d'un bon petit plat. Un brin de soleil dans la grisaille ! Car le chômage et la pandémie ont rendu les existences plus difficiles... 

Pour moi, les gens sont malheureux parce qu'ils n'ont pas de travail. Ils n'ont rien à faire. Avant, il y avait du travail quand même. 

La pandémie a évidemment modifié le quotidien de la cantine solidaire. En tant qu'association, le restaurant Miam n'est pas tenu de demander le pass sanitaire. Mais la cantine solidaire partage le local d'un bar, qui est dans l'obligation de le faire. Or, une partie de ceux qui fréquentent ce lieu alternatif ne dispose pas de pass sanitaire. S'il s'agit d'un refus de se faire vacciner pour certains, d'autres craignent que le pass ne soit le signe d'une dérive autoritaire de surveillance.

J'en connais aussi qui n'utilisent pas le pass pour des raisons politiques : parce qu'ils considèrent que le pass nuit à nos existences collectives, que c'est une solution beaucoup trop excluante, trop clivante, qui construit une surveillance numérique problématique, et qui ne considèrent pas que c'est un outil de lutte contre la pandémie, mais une expérience de gestion de population. Camille

Pour le deuxième confinement, l'association est restée ouverte et a accueilli une trentaine de personnes chaque midi, pour fournir, d'après Camille, une assistance quotidienne "aux personnes précaires et vulnérables" du quartier. 

On a envoyé un mail à la préfecture, on leur a dit qu'on allait ouvrir notre cantine associative et solidaire aux personnes qui sont en difficulté. Ils ne nous ont jamais répondu. On a ouvert et personne n'est jamais venu. Camille

Remerciements : Camille, Wilfried, Lia, Gigi, Anne, Nathalie, ainsi que tous les bénévoles et clients du Miam.

Reportage : Inès Léraud

Réalisation: Anne-Laure Chanel

Mixage : Pierre Monteil 

Musique de fin : "End come too soon" de Wild Beasts.

Pour aller plus loin :

- La page Facebook du collectif Miam 

-  l'article de Laury-Anne Cholez, "À Perpignan, une cantine antigaspi au service des plus démunis", Reporterre, 6 janvier 2021.  

- l'article de Célia Izoard, "Sous le masque du Covid, la numérisation intégrale de la société", Reporterre, 11 septembre 2021.

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