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L'effondrement et moi
Épisode 3 :

Affronter l’angoisse climatique

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce troisième épisode de « L’effondrement et moi », Karine Le Loët rencontre ceux qui ont décidé de se confronter à leurs peurs, d’analyser leur angoisse et d’apprendre à vivre avec. Ils participent à un groupe de paroles où chacun raconte son histoire, ses tiraillements quotidiens.

L'effondrement et moi 3/4
L'effondrement et moi 3/4 Crédits : Emilie Sarnel - Radio France

Après avoir interrogé une famille qui fait de son mieux pour préserver la planète, puis suivi des activistes en action contre l’exploitation du charbon en Allemagne, Karine Le Loët poursuit son enquête. Comment les autres parviennent-ils à composer avec la perspective de la crise climatique ? Est-ce qu’ils se morfondent ? Agissent ? Et si oui, comment ?

Dans ce troisième épisode de L’effondrement et moi, elle va rencontrer ceux qui ont décidé de se confronter à leurs peurs, d’analyser leur angoisse et d’apprendre à vivre avec. Ils participent à un groupe de parole à Nantes, monté par la psychologue Anne Jacob. Ce groupe, nommé "émotion et collapsologie", regroupe 3 à 5 personnes tous les quinze jours. 

Au fil des séances, assis en cercle, chacun raconte son histoire, ses tiraillements quotidiens, la sensation d’être vu comme un rabat-joie par ses proches. Soulagés de rencontrer des gens « comme eux », ils trouvent ensemble des solutions, chacun à sa manière. 

Par exemple, Anthony travaille sur une thèse de mathématiques et expérimente différentes adaptations dans son mode de vie : du zéro déchet au véganisme, transports à vélo et hivers sans chauffage. Il a trouvé dans ce groupe de parole du réconfort, lui qui avait le sentiment que son entourage préférait vivre dans le déni. 

On me prend pour le hippie de service. Celui qui va aller vivre dans une ZAD. Il y a une sorte de stigmatisation. 

Je me mets des œillères, j’essaie de ne pas trop penser à l’avenir pour me protéger, je ne vois pas plus loin que les 3 prochaines années. Anthony, participant au groupe de parole.

Cette angoisse relativement récente fait naître un certain nombre de recherches et de concepts comme l'"éco-paralysie" ou la "solastalgie".

Dire qu’il va y avoir l’effondrement, c’est comme si demain on leur annonçait une maladie grave, potentiellement incurable et mortelle. Et donc on réfléchit à l’idée de faire avec … Anne Jacob, psychologue.

Laurence, elle, a réduit ses besoins au strict minimum, jusqu'à partir en camion, en plein confinement, avec son chat en quête d’un écolieu où changer de vie.

Le groupe, ça m’a permis d’exprimer ma peine et de trouver un peu de courage, notamment pour acheter un camion aménagé et partir à la recherche d’un écolieu où je vais me poser pour les prochaines années. 

Je me dis qu’aujourd’hui la solution est vraiment collective et qu’on a un autre monde à créer. Laurence, ex-participante au groupe de parole.

Reportage : Karine Le Loët 

Réalisation : Clémence Gross

Merci à Anne Jacob, à Anthony, Alban, Amandine et Laurence. Merci aussi à Camille Chandès et Helène Jali.

Chanson de fin : "Le grisou" par Cyril Cyril - Label : Born Bad Records, Album : Yallah Mickey Mouse, 2020

Retrouvez les premiers épisodes et bientôt l'intégralité de la série "L'effondrement en moi" :

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