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Trois histoires d'addiction et de guérison.

Les débiteurs anonymes

27 min
À retrouver dans l'émission

Pendant des années, l'argent leur a brûlé les doigts. Accablés de dettes et souvent honteux, Mathilde, Michel et Marie ont décidé un jour de se rendre aux réunions des débiteurs anonymes.

Trois histoires d'addiction et de guérison.
Trois histoires d'addiction et de guérison. Crédits : Westend61 - Getty

Lorsque Mathilde a rejoint les débiteurs anonymes, elle s'est d'abord dit qu'elle n'avait rien à voir avec ça. Mais elle a peu à peu accepté de tomber les masques, et pris une décision qui lui a sauvé la vie. 

C'était pour un moyen d'exister : "Je dépense donc j'existe". L'argent pour moi c'était un shoot. (...) et les objets, une solution à mon mal-être. Je me sentais comme une alcoolique : c'était d'abord euphorique puis, à peine sortie de la boutique, la culpabilité s'emparait de moi.

Le problème est que je dysfonctionnais aussi bien avec mon argent qu'avec celui de la société. Je ne savais pas que les cartes bleues ou les chèques, c'est de l'argent. Pour moi, tout ça était virtuel.

C'est la souffrance de se retrouver, à 38 ans, dans 15 mètres carrés, avec un téléphone coupé et un trou dans son compte en banque qui a conduit Michel à pousser la porte des Débiteurs anonymes. 

J'avais déjà l'expérience des Alcooliques anonymes, et je me suis mis dans les mêmes dispositions d'esprit. Cela permet de comprendre qu'on n'est pas seul, et qu'on n'est pas maudit. 

C'est un dysfonctionnement, une maladie qui peut avoir des conséquences extrêmement grave, qui peut mener à la prison ou à la mort. (...) Le danger, après, est de croire qu'on est guéri. Les vieux schémas restent toujours présents. 

Marie a commencé à travailler aux Etats-Unis il y a vingt ans. Quand elle est revenue en France, elle a joyeusement puisé dans ses réserves,  jusqu'au moment où elle en est venue à bout. 

J'avais toujours l'impression d'avoir de l'eau jusqu'au narines : je sentais que je me noyais. 

J'avais emprunté de l'argent à ma sœur pour m'acheter des chaussures magnifiques. Je me suis rendue compte un jour que je ne gagnais même pas de quoi vivre, même pas de quoi manger. 

Reportage : Stéphanie Thomas

Réalisation : Delphine Lemer

Merci à Vincent et Nathalie ainsi qu'à Mathilde, Michel et Marie.

Extrait musical : "Money", Pink Floyd. 

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