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Un homme endetté dans le déni

Les dettes

27 min
À retrouver dans l'émission

Un jour, ils se sont endettés. Des petites sommes qui s’accumulent, des intérêts qui grimpent, et des chiffres de plus en plus gros qu’on ne veut pas voir. Anna, Paolo et Dominique racontent l'ambiguïté des rapports entre ceux qui prêtent de l’argent et ceux qui en ont besoin.

Un homme endetté dans le déni
Un homme endetté dans le déni Crédits : Armstrong Roberts - Getty

Anna a commencé à s’endetter par amour, pour son mari, un artiste avec du potentiel. 

Il avait plein de projets. Il avait soi-disant l’intention de nous offrir une belle vie, et je me suis endettée pour lui. Maintenant séparés, il ne m’aide pas à rembourser. 

J’étais étudiante, ma banque aurait refusé. Alors je suis allée vers des sociétés de crédit. C'est tellement facile ; on monte son dossier sur internet, ils ne vérifient rien. 

J’ai mis du temps à monter mon dossier de surendettement, j’avais honte.

Les parents de Paolo avaient une épicerie. Il a souvent été en contact avec l'argent de la caisse sans jamais apprendre à connaître sa valeur. 

Pour moi, l'argent c'était fait uniquement pour être dépensé. 

Un jour, dans un magasin de chaussures, la caissière m’a demandé : “vous avez la carte du magasin ?" Ils m’ont fait signer une ouverture de compte ;  pour le premier achat je pouvais payer en quatre fois. L’idée du crédit est née comme ça. 

Endetté, certaines sociétés m’ont appelé pour me demander de leur envoyer 1 euro, alors que je leur en devais 100 000. J’ai compris plus tard que c’était pour me mettre en difficulté par rapport à la loi. Je ne pouvais rembourser personne, et dans le cas d'un éventuel remboursement, je devais rembourser tout le monde équitablement. 

Dominique aussi, a été poussée à contracter un crédit la première fois par une enseigne. 

Tout a commencé avec l’achat d’une télévision. Au moment de passer à la caisse, on m’a proposé un crédit, pour éventuellement faire d’autre achats. J'ai accepté. 

On a accepté de me faire des crédits de plusieurs milliers d’euros alors que mon salaire s’élève à huit-cents euros par mois. 

Je vis dans la peur depuis des années et j’aimerais tellement que ça s’arrête. 

  • Reportage : Lucia Sanchez
  • Réalisation : Lionel Quantin

Chanson de fin : "I Wanna be where you are" par Michael Jackson - Album : "Gold" - Label : Motown record.

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