LE DIRECT
Pyramide de femmes, 1937
Épisode 5 :

Les glaneuses bio de la rue du château

28 min
À retrouver dans l'émission

Presque chaque jour, à 17h30, Catherine, Hélène, Pascale et Dominique se retrouvent autour des poubelles d’un petit supermarché bio du quartier. Par nécessité ou par principe, ces glaneuses des temps modernes ne font que les poubelles bios, et sont devenues, avec le temps, des expertes.

Glaneuses sur un marchais rémois.
Glaneuses sur un marchais rémois. Crédits : Christian Lantenois - L'Union de Reims - Maxppp

Des centaines de milliers de poubelles dans Paris, mais combien  d'entre-elles sont bio ? Combien de poubelles quasi associatives comme celle-ci ? Ici, un groupe de femmes se retrouve chaque jour à 17h30 et partage les poubelles, façon bohème un peu glaneuses. 

La responsable d'un petit magasin bio a décidé de laisser ses produits périmés disposés à l'extérieur, les passants et les glaneuses prennent ce qui leur plait. 

Un produit périmé doit être mis à la poubelle directement, moi je trouve ça inhumain.

Souvent pour des raisons financières, mais aussi pour des raisons de santé, les glaneuses viennent récupérer les produits périmés de ce magasin. Autour de la benne, ce n'est pas toujours simple et des tensions éclatent, pour bien manger il faut s'imposer.

Ecoute y’a 200 000 poubelles dans Paris, cette-là c’est la mienne.

En 2017, en France métropolitaine, 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. 

Il y tellement de gens dans la nécessité, ce n’est pas possible de les laisser mourir de faim.

Les produits bio se gardent beaucoup plus longtemps que ceux des autres supermarchés, nous confient-elles. C'est au fond de la poubelle qu'il y a la viande et le poisson, l'une d'entre elle plonge à l'intérieur pour récupérer le précieux contenu. 

Un poireau est toujours un poireau une semaine après, on est plus tranquilles avec les limites de date aussi, puisque ce sont des produits de qualité. On fait les poubelles de luxe, tant qu’à faire les poubelles.

On y trouve un peu de tout, des légumes - un peu passés parfois - mais aussi des compotes, des plats préparés, des produits laitiers et parfois même du chocolat, dont la date de péremption est arrivée à son terme. 

Il y a un coté chercheur d’or.

Certaines d’entre elles y vont une fois de temps en temps, d'autres tous les soirs. Entre partage et récup' elles ont trouvé un moyen de manger gratuitement. 

Ce qui me désespère ce n’est pas les regards, c’est le gâchis.

En 2020 en France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros selon le ministère de la transition écologique.

  • Reportage : Leila Djitli
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy (et Vincent Abouchar)

Musique de fin : "Shooting Stars", Elysian Fields. Album : Dreams That Breathe Your Name.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......