LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les objets disparus

28 min
À retrouver dans l'émission

Ils les accompagnent depuis des jours, des mois ou des années… et puis un jour, ils disparaissent. Un portefeuille gorgé de photomatons, un téléphone bourré d’informations personnelles, un instrument plein de promesses musicales. Des objets familiers et précieux, volatilisés, réapparus (ou pas).

Crédits : Getty

Un portefeuille débordant de photos, un téléphone qui contient une vie, un instrument plein de promesses, bref, des objets familiers et précieux, des « choses » volatilisées, réapparues - ou pas.

Aurélie est une musicienne. Elle joue de l’alto depuis son enfance. Elle finit par en faire son métier, mais ne parvient pas à trouver l’instrument de ses rêves, celui avec lequel elle pourrait jouer en harmonie parfaite. Un matin, elle décide de pousser la porte d'un luthier à Paris :

Au poids, au toucher, à l’odeur : je savais que c’était lui. 

Malgré son prix exorbitant et ses propres hésitations, Aurélie se décide à acquérir cet alto. C'est comme une révélation : c'est son instrument, celui en qui elle a une confiance absolue. Musicalement, Aurélie se sent pousser des ailes : elle chérit l'odeur de son alto et l’emporte partout. Mais, en rentrant de ses vacances au ski, elle retrouve sa maison cambriolée… 

C'est comme un uppercut. [...] Dans la pièce avec la verrière, je vois tout de suite le vide : la boîte est partie. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'un poids est parti, que je suis plus légère.

Aurélie est certaine que son alto va revenir : selon elle, il ne peut être revendu. Elle scrute ainsi les abords de sa maison tous les jours en quête de son retour. En parallèle, elle retrouve un "vieux copain" : son ancien alto. Toutefois, les sensations ne sont pas les mêmes. Et les projets qu'Aurélie nourrit se fanent quelque peu. Un jour, elle craque :

C'est une énorme douleur qui arrive. Tout cela déclenche quelque chose en moi.

En retournant chez le luthier après un certain temps, la jeune femme trouve un nouvel instrument, cette fois-ci à cinq cordes. Mais la symbiose n'est toujours pas là. Colère, douleur, angoisses et manque s'entremêlent... jusqu'à une nouvelle rencontre. 

À Limoges, tout commence pour Sonia avec un "boom" : alors qu'elle rassemble ses affaires dans le train, elle remarque que son baume à lèvres est tombé. Elle le ramasse et quitte le train. Sur le quai, elle ne trouve plus son téléphone : manque de chance, le train poursuit sa route. 

Je l'avais payé avec mon premier salaire, c'était un cadeau que je m'étais fait, et j'avais surtout beaucoup de souvenirs, de photos. J'avais l'impression d'avoir perdu ma vie. Je commençais mon école de journalisme, donc j'avais beaucoup de contacts pro que j'ai perdus, des numéros d'anciens amis, mon compte en banque, toutes mes informations. 

La jeune fille ne porte pas plainte : rien n'arrivera selon elle. Se résolvant finalement à la perte, elle achète un nouveau téléphone, puis oublie. Un an plus tard, elle reçoit néanmoins un message du Cameroun sur WhatsApp : 

Un ami m’a donné votre téléphone en gage. J’ai besoin du code d’accès. 

Un drôle d’échange commence entre Sonia et l’individu en question, qui se présente comme un étudiant en mal d'argent. La jeune femme refuse de le dépanner, mais une relation particulière s'installe progressivement, frôlant l'obsession.

C'était vraiment une guerre psychologique. On essayait tous les deux de s'en sortir : moi de récupérer mon téléphone, lui d'avoir de l'argent. 

En 1996, Aurélie, alors jeune conductrice de 19 ans, va chercher une copine quand elle prend en charge une auto-stoppeuse. Arrivée à destination, la jeune fille quelque peu étrange quitte la voiture en hâte, avare de remerciements. Aurélie a un pressentiment : son sac, qui est situé sur la banquette arrière, a un problème. Et en effet, le portefeuille s'est volatilisé.

Les jours ont passé, et rien n'est arrivé... Ma vie a continué, bien sûr. 

Deux décennies plus tard, Aurélie est dans son canapé quand on frappe à la porte. Un bel inconnu lui tend un portefeuille. 

Je regarde le portefeuille - que je trouve très moche - et je me dis que ce n'est pas à moi.

En regardant à l'intérieur, l'incroyable découverte surprend Aurélie, soudain saisie d'un flashback. Le bon samaritain est propriétaire d'une brasserie, et a trouvé le portefeuille là où personne n'était passé depuis un certain temps...

Reportage : Karine Le Loët

Réalisation : Milena Aellig (et François Caunac)

Merci à Aurélie Loyer, Sonia Reynaud et Aurélie Talibart. Merci aussi à Cyrille Gerstenhaber de l’Anipo.

Musique de fin : "Thirty", The Weather Station - Album : The Weather Station - Label : Outside Music.

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......