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Nouveau travail : nouveau prénom.

Le prénom : on le choisit ou pas !

28 min
À retrouver dans l'émission

Pour garder son emploi Mohamed a été contraint d'accepter pendant vingt ans de s'appeler Antoine, un prénom imposé par son employeur. A l'inverse, Roselyne déteste tant le prénom que sa mère a choisi à sa naissance qu'elle décide très tôt d'en changer pour devenir Patricia.

Nouveau travail : nouveau prénom.
Nouveau travail : nouveau prénom. Crédits : Lucy Lambriex - Getty

Mohamed, contraint de s’appeler Antoine

Après un long processus de recrutement à l'issu duquel Mohamed est engagé, son directeur lui annonce fermement : "Il faudra changer de prénom". Mohamed est stupéfait :  

J’avais réussi un recrutement difficile mais finalement je ne ressentais pas de la fierté mais de la honte. (...) J'en ai parlé à ma femme, à mes amis mais je ne l'ai pas dit aux enfants. 

Pour les cartes de visite et mon adresse email, c'était "Antoine". Même dans les documents officiels, ils ont ajouté "Antoine" à côté de "Mohamed". Ils prenaient aussi mes billets d'avion à ce prénom-là, c'était ridicule !

J'ai un siècle d’écart avec mon grand-père et pourtant nous avons été confrontés à la même chose : le racisme imbécile. 

Patricia s'impose à la place de Roselyne !

Pour sa part, Roselyne a décidé de changer de prénom à l'occasion de son entrée au collège :  

"Roselyne", cela fait très fillette. Or, j’étais assez garçon manqué, je m’habillais en jean, je portais une casquette. J’ai inscrit le nom "Patricia" au collège. Ma mère l’a mal pris et a appelé l’établissement pour rétablir la vérité. Mais pour mes amis j’étais devenue "Pat". 

Plus tard, Patricia officialise ce changement auprès de l'Etat civil à la mairie. Cependant, sa mère continuera à l'appeler "Roselyne". 

Je devais m'appeler "Patricia" mais ma mère trouvait qu'avec mon nom de famille, ça aurait fait trop méditerranéen. Je pense que ma mère a épousé mon père par dépit, ils étaient totalement différents. Elle n'a pas voulu céder cela à ma famille paternelle.

J’ai remarqué que mon attitude n’était pas la même selon que je me présente en tant que Roselyne ou Patricia. "Patricia" ce prénom m’enveloppe et me donne une force ; tandis qu'avec "Roselyne" : c’est bancal. 

Reportage : Leïla Djitli

Réalisation : Yaël Mandelbaum

Référence musicale de fin d'émission : Don't Wait Too Long de Madeleine Peyroux

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