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Escorts boys

28 min
À retrouver dans l'émission

Kevin, Julien, Victor, Nathan, Marc, Pascal se prostituent. Pour les uns, c’est une façon d’arrondir les fins de mois, pour d’autres, une façon de répondre à un fantasme ou d’assumer son homosexualité.

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Photo d'illustration Crédits : Juanmonino - Getty

Leurs débuts dans la prostitution, l’argent qu’ils en tirent, la difficulté d’être en couple quand on est travailleur du sexe, les clients qui baladent une misère affective certaine, le regard que pourraient porter leurs parents sur leurs boulot d’escort boy et leur avenir, de tout cela, ils en parlent avec franchise et simplicité.

C’est comme un plan cul, mais à la fin t’as 100 balles.

Kevin, 26 ans, salarié en CDI et étudiant en arts plastiques : "Ce boulot ne me semblait pas spécialement risqué pour ma santé mentale, ni pour ma santé physique.” dit-il, car il entretient un très bon rapport avec sa sexualité et son corps.

Si les rapports tarifés ne sont pas sa principale source de revenus, il estime qu’ils lui ont apporté une certaine stabilité financière et qu'ils lui ont permis de s'installer à Paris.

Julien est un étudiant lillois de 25 ans. Ses parents ne peuvent pas financer ses études. Il a sauté le pas en couple : il propose de faire l’amour avec son copain devant ou avec un client. Sa première expérience s’est bien passée, “malgré le fait que ce soit dans un hôtel Formule 1, les lumières crues, les néons ... Ce n’était pas très très sensuel”. 

Pour lui, la prostitution est une façon de joindre l’utile à l’agréable.

“Je suis pute !” 

Lance fièrement Victor, 30 ans. 

J’avais un rêve, c’est d’être pute à New York, j’ai tout lâché à Paris, je me suis installé à New York et j’ai fait la pute là-bas.

Depuis, Victor est rentré en France, à Toulouse où il étudie le droit pour devenir, un jour, avocat. Littéraire, il évoque, Jean Genet qui "dans le Journal du voleur raconte sa vie de pute ... Il y a aussi un truc un peu romanesque de se retrouver au Plaza Athénée parce qu’un jeune russe, sans doute fils d’apparatchik chelou, t’invite dans sa suite à 5 000 euros à boire un grand vin et faire du sexe sur le canapé. C’est juste drôle aussi.” Il ne se sent pas exploité : “Je suis marxiste même anarchiste, à part l’Etat, je n’ai pas de proxénète.” et met en parallèle son travail et celui de femme au foyer :

Finalement, ma mère n’a jamais travaillé. Le rôle de femme qu’elle pouvait avoir, il était lié aussi en partie aux services sexuels qu’elle rendait à son mari et contre lesquels elle était entretenue.

Nathan, 25 ans, a fait des études de sociologie et de sciences politiques à la fac. Des femmes qui vendent leurs charmes sur les trottoirs guident ses premiers pas dans la prostitution.

Pour moi, c’était une façon d’assumer un peu plus facilement mon homosexualité.

“Jeune homme de compagnie discret et raffiné. Pour moments en société ou intimes.”

Ainsi débute l’annonce que Marc, étudiant de 23 ans et rejeton d’une famille aisée, a mis en ligne pour vendre ses services. 

Je fais un très gros tri sur les personnes qui me contactent

C’est vraiment si la personne m’intéresse, m’attire. Ce qu’elle propose, ce n’est pas forcément du sexe, c’est souvent se faire des restaurants, un opéra ou partir en vacances. Ça me permet de voir autre chose, des choses que je ne ferais pas forcément de moi-même.

Cette émission est une rediffusion du 07/04/2014.

Reportage : Olivier Minot

Réalisation : Delphine Lemer

Chanson de fin : Lullaby par le groupe The Cure.

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