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graph d'une tête cicatrisée

Les cicatrices

27 min
À retrouver dans l'émission

Afifia, Benoit et Christophe ont tous les trois une cicatrice. Que racontent ces traces sur leur corps ? Quelles histoires masquent-elles ?

graph d'une tête cicatrisée
graph d'une tête cicatrisée

1ère diffusion : 16 mars 2015

« Quand je me regardais dans le miroir, ça me glaçait »

Un jeune homme sort d’un accident de voiture avec une cicatrice au visage. Il nous raconte les difficultés auxquelles il a dû faire face, à commencer par le regard stigmatisant des autres. 

« Mon ami s’est endormi au volant. La voiture est rentrée dans le fossé. Ma tête a tapé sur la vitre qui a explosé sous l’impact. J’ai eu a la joue déchirée mais je ne m’en suis pas rendu compte. Ce sont les regards de mes amis qui me l’ont fait comprendre ». 

« Je ne pensais pas que j’aurais une telle cicatrice et ce qu’elle impliquerait. Lorsque j’achetais une baguette le matin, la boulangère me regardait comme un brigand. Dans les rues, les gens me regardaient bizarrement. Au départ, j’ai baissé la tête, puis je m’amusais à soutenir du regard ceux qui me regardaient avec insistance. J’ai eu aussi énormément de soucis à trouver du travail ». 

« J'ai fini par trouver un dermatologue, puis j'ai tenté une opération longue, portion par portion, au laser. On n'efface pas la cicatrice comme ça en une seule séance. C'est vraiment un processus assez long. Et puis avec le temps, j’ai fini par ne plus m’en apercevoir ».

« Quand je vois ma cicatrice, c’est comme une signature » 

A 23 ans, Afifia apprend qu’elle est atteinte d’une maladie du rein, nécessitant une greffe. De cette opération, elle garde une longue cicatrice dans le bas du ventre. 

« Mon rapport à la cicatrice est déjà particulier dans la mesure où je n'en ai jamais parlé aux médecins.  C'est comme si, en gros, le fait de se faire greffer vous prive au final de considérer les aspects physiques et superficiels car vous êtes sauvé. Je n'avais donc pas envie de râler mais ça m'emmerdait clairement. J’avais 23 ans. Ce n'est pas parce qu'on est dialysé qu'on a plus envie d'être sexy.  Elle faisait 15 centimètres comme une cicatrice d'appendicite, mais en plus grande à droite du nombril, dans le bas ventre ». 

« Aujourd’hui quand je la vois. C'est plus une signature qu'une tache ou un défaut : ça signe ma vie. Je n'ai plus honte de ça. La cicatrice ne m'empêche pas du tout de me mettre en bikini si je veux mettre en bikini. Ça ne m'empêche pas du tout de me sentir très sexy ». 

« J’ai commencé à agresser mon corps » 

Lorsqu'il était adolescent, il souffrait de troubles psychologiques qui l’ont conduit à s'automutiler. 

« J’étais un zombie. Je voulais que le temps passe. La seule solution, c’était de faire souffrir physiquement mon corps. Je suis passé à un cran supplémentaire avec la scarification. Entre 22 et 28 ans, je faisais couler le sang ». 

Merci à Afifia, à Bruno et à Christophe. 

  • Reportage : Elodie Font
  • Réalisation : Peire Legras (et François Caunac)

Chanson de fin : "Street spirit" - RadioHead

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