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Un chauffeur VTC ouvre la porte à une cliente

Ma vie de chauffeur Uber

28 min
À retrouver dans l'émission

Avec le rêve d’arrondir leur fin de mois et devenir maître de leur emploi du temps, Saladin, Malik et d'autres sont devenus conducteurs Uber. En huis clos dans une voiture, des rencontres conjurent, parfois, le sort de leur condition fragile. Deux belles histoires, avec un peu de nuance à la fin.

Un chauffeur VTC ouvre la porte à une cliente
Un chauffeur VTC ouvre la porte à une cliente Crédits : PIERRE ANDRIEU - AFP

Depuis son lancement en 2009, Uber s'est imposé en France comme l'une des premières plateformes de voiture de location avec chauffeur (VTC). Auparavant, les taxis étaient le seul service de chauffeur disponible en ville, réservé à ceux qui ont l'habitude et l'argent. Avec ces nouvelles plateformes de VTC, tout le monde, ou presque, peut se permettre un trajet avec chauffeur. Deux chauffeurs nous racontent des expériences marquantes, les raisons qui les ont poussé à choisir ce métier, leur vie de chauffeur Uber

Saladin est gérant d'une boulangerie, et chauffeur à ses heures perdues. Un jour, alors que la journée est peu rentable, il hésite à rentrer chez lui, mais au dernier moment, accepte une course. Il va chercher sa cliente, et là… C'est le coup de foudre

Tout le week-end j'avais son visage dans la tête. Sa beauté m'a rendu fou, elle a les yeux verts, elle ne se maquille pas. Elle a un sourire… laisse tomber son smiley ! Perso, elle m’a piquée.

En déposant sa cliente à l'aéroport, il lui donne son numéro de téléphone, pour qu'elle l'appelle si elle a besoin d'un chauffeur à son retour.  

Elle m'a dit qu'elle revenait lundi. Même si dans ma tête, je me suis dit qu'elle n'allait pas me rappeler, j'ai fait exprès de ne pas travailler le lundi pour que si elle m'appelle, je sois à coté de l'aéroport. Je ne savais même pas à quelle heure elle devait revenir.

Malik, aka L.I.K, est chauffeur et rappeur. Il a choisi de quitter la fonction publique pour gagner en liberté, il s'est tourné vers Uber par facilité et raconte comment il organise sa vie depuis. 

Je travaille en fonction de mes besoins, ça me permet de faire ce que j'ai envie à côté. Pouvoir prendre du repos ou faire beaucoup plus d'heures. Je peux gérer les trucs personnels de la vie, par exemple si je dois aller voir quelqu'un à l'hôpital, je m'arrête pendant quatre ou cinq heures. Je n'ai pas de congés à poser.   

Dans sa voiture, entre deux clients, il tente de se construire un avenir dans la musique. Au cours de la journée, il compose, il peut passer au studio d'enregistrement, participer à des rendez-vous professionnels et gérer sa passion. Pour Malik, ses clients sont une source d'inspiration et de 

En attendant un client, en allant chercher les gens, entre deux clients, je met l'instrumental et je l'écoute en boucle. L'écouter, ça m'inspire une mélodie et dès que j'ai une idée de paroles, je m'arrête et je l'écris sur mon téléphone pour ne pas l'oublier. 

Son métier de chauffeur est également une source d'inspiration, en traversant la capitale, il voit des images qu'il retranscrit dans ses textes.

Y a pas besoin d’aller dans la rubrique faits divers. Vous tournez en Uber toute la nuit et vous allez voir des faits divers.

Certains clients m'ont déjà inspiré des morceaux, mais je ne pense pas que ce soit de leur plein gré. Il y a un truc que tu apprends en Uber, c'est que les apparences sont trompeuses. Parfois les gens viennent et me racontent leur histoire personnelle, parfois on fait le psy. Et parfois ils m'inspirent parce qu'ils parlent de trucs qu'ils ont fait ou comment ils se sont retrouvés en galère. 

De l'autre côté du miroir, Michel, Mustafa et Nacim protestent contre leur exploitation par le système Uber. Les chauffeurs dénoncent des conditions de travail difficiles, un salaire trop peu élevé par rapport aux nombres d'heures travaillées et aux frais qu'ils doivent assumer. Une archive de LSD, La Série Documentaire sur France Culture par Martine Abat et Remi Dybowski-Douat.

Récemment, un client m’a dit : votre course, je la paye moins chère qu’un cocktail à Saint-Michel. Quatre euros, c'est rien.

Si j'arrive à payer ma location, le gasoil, les réparations, il ne me reste plus rien. On a cru dans cette profession, c'est un beau métier et on est là pour le défendre, on se disait qu'on pourrait vivre avec ce travail. Mais aujourd'hui la réalité est différente de ce que l'on nous a vendu. 

  • Production : Alice Babin
  • Réalisation : Anne-Laure Chanel et François Caunac

Merci à Saladin, Malik, Martine Abat et Remi Dybowski-Douat. 

Chanson de fin : "Reality Cuts Me Like A Knife" par Faada Freddy - Album : Gospel Journey (2015)

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