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Un instituteur, un civil et des parents racontent la méprise dont ils ont été victimes et ses traces indélébiles.

Méprises

28 min
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Un beau jour on est venu les chercher. Et tout a changé. Emeline, Eric et Khaled ont vu leur vie basculer d'un coup, après avoir été accusés de méfaits qu'ils n'avaient pas commis.

Un instituteur, un civil et des parents racontent la méprise dont ils ont été victimes et ses traces indélébiles.
Un instituteur, un civil et des parents racontent la méprise dont ils ont été victimes et ses traces indélébiles. Crédits : Burak Karademir - Getty

Un jour, Emeline et son compagnon découvrent qu’Owen, leur nouveau-né d’un mois, a une jambe très gonflée. Inquiets, ils l’emmènent à l’hôpital où on leur apprend que sa jambe est cassée.

Dès que nous sommes arrivés dans le service d’orthopédie, les infirmières nous ont parlé de maltraitance.

Alors que les parents clament leur innocence, le nouveau-né est placé. Commence une bataille judiciaire dont ils ne sortiront pas indemnes.

Ils nous ont privés de ses premiers mois de vie.

Eric est professeur des écoles. Il raconte comment, un jour, sa vie a basculé. Convoqué par le Rectorat, on lui annonce qu’il est accusé de viol sur un de ses élèves. Le cauchemar commence. Il est arrêté, placé en garde-à-vue puis envoyé en prison où il restera cent-vingt-neuf jours.  Eric ne cesse de clamer son innocence.

Le monde s'est écroulé autour de moi. Je pensais qu'on ne pouvait pas aller en prison sans élément de preuve. Et en fait, si. 

Khaled, alias Kiwi, travaille chez les marins pompiers du Rhône. En septembre 1995, alors qu'il attend sa petite amie à la gare Saint-Charles de Marseille, des policiers viennent contrôler ses papiers. L’un d’eux regarde rapidement sa carte d’identité, puis prend son talkie-walkie : 

Pour eux j’étais Khaled Kelkal, un dangereux terroriste. 

En quelques minutes, les policiers le mettent à terre, le rouent de coups, puis l’emmènent au commissariat. On le prend alors pour Khaled Kelkal, ennemi public numéro un, responsable quelques semaines plus tôt de l'attentat dans le métro à la station Saint Michel à Paris. A la fin de la journée, après un interrogatoire musclé de plusieurs heures, il est relâché.

Dans son quartier marseillais, on le surnommera longtemps "Kelkal". Vingt-trois ans après, l'histoire le fait rire jaune. Et plus personne ne l'appelle par son prénom. Maintenant c'est Kiwi. 

  • Reportage : Clawdia Prolongeau
  • Réalisation : Clémence Gross

Merci à Emeline, Eric et Khaled. Merci aussi à Vanessa de l'association Adikia.

Chanson de fin : "Partir De Cero" par Ana Tijoux – Album : 1977 (2010). 

Lire le rapport de Kate Clark sur les détentions injustifiées de citoyens afghans à Guantanamo.

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