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Passés par la rue

28 min
À retrouver dans l'émission

Ils ont vécu dans la rue et s'en sont sortis ou tentent de le faire...

Crédits : Olivier Boitet / Photo PQR / Le Parisien - Maxppp

Jean-Pierre a 59 ans. Il a grandi dans un quartier de la banlieue lilloise. Or, à cette époque, la fin des années 50, son père est engagé pour son pays du côté des soldats du FLN et est séparé de sa famille.

Mon enfance n'était pas si mal jusqu'à la guerre d'Algérie.

Le beau-père de Jean-Pierre n'a pas sa sympathie. Il le qualifie de toxique, nocif, violent, de pervers narcissique. Sans revenus et ne bénéficiant plus du cadre familial de son enfance, il aime répéter qu'il est un "diplômé de la rue" à laquelle il est confronté très jeune. Il est contraint pour sa subsistance à la petite délinquance pour pouvoir subvenir a minima à ses besoins vitaux en mangeant quelque chose et, au mieux, de temps en temps, pour pouvoir dormir à l'hôtel.

Orgueilleux, il continue de se laver et se refuse à faire la manche et passe le week-end en boîte de nuit. Cette situation dure sept à huit mois. 

Je ne suis pas sûr de m'être rendu compte que j'étais à la rue. Je ne pouvais pas rentrer chez moi, mon beau-père faisait trop peur.

Il échappe à la rue grâce à la rencontre opportune d'un groupe de jeunes gens qui l'hébergent et le protègent. 

On m'a tendu la main et je me suis dit qu'il ne fallait pas que cette main tendu ne serve à rien.

Après avoir passé son BAFA et avoir exercé de nombreux petits boulots, Jean-Pierre rencontre la femme avec qui il vit aujourd'hui. Travaillant dans l'immobilier, elle l'incite à devenir négociateur. 21 ans plus tard, il est le patron de neuf agences immobilières dans la région lilloise.

Corino, étudiant en école de commerce, rencontre Jean-Thierry un soir d'automne à Lyon. Ce SDF, passé par la légion étrangère, cherche à rentrer au Maroc pour retrouver sa famille. Avec un ami, Corino décide de l'aider.

Jean-Thierry, qui était un homme installé dans la vie, s'est retrouvé, par un concours de circonstances malheureuses, à la rue du jour au lendemain alors qu'il avait une cinquantaine d'années.

Je l'avais vu plusieurs fois, mais c'était la première fois que je le prenais en compte. C'est terrible, mais on fait tous ça quand on voit quelqu'un dans la rue. Il fait partie du décor. 

Corino raconte sa rencontre avec son ami Cédric. Il crée une cagnotte dans son école avec l'intention de payer la différence pour lui acheter un billet d'avion.

J'ai été le voir, je lui ai montré mon téléphone et je lui ai dit : "chaque fois qu'il vibre, c'est pour toi".

Au début, je voulais juste aider quelqu'un et puis ce quelqu'un est devenu un ami.

Au moment du départ, Jean-Thierry lui annonce que son sac et son passeport lui ont été volés. Corino et Cédric ne vont pas s'arrêter là dans leur démarche et continuer à tout faire pour lui venir en aide...

Chanson de fin : "One in a million" par Katerine Duska - Album : "Embodiment" (2015) - Label : Minos - EMI SA.

  • Reportage : Judith Chetrit
  • Réalisation : Philippe Baudouin

Merci à Jean Pierre Boudard, à Corino Fontanat, à Cédric Sbirou et à Jean-Guilain Meige.

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