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 Quand l'alcool n'est pas une fête.

Quand l'alcool n'est pas une fête

27 min
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Elles ont commencé à boire pour supporter une charge de travail, un deuil ou pour passer du bon temps. Puis elles ont décidé d’arrêter. Vanessa et Laurence racontent comment elles en sont arrivées là.

 Quand l'alcool n'est pas une fête.
Quand l'alcool n'est pas une fête. Crédits : Yuri_Arcurs - Getty

C’est une passion française, un symbole de notre art de vivre, une façon de vivre ensemble que l’on retrouve dans toutes ces expressions pleines de joie telles que « prendre l’apéro », « faire la fête » ou « boire un coup ». Un lexique qui désigne en réalité une façon socialement acceptable de consommer de l’alcool en société et en abondance.

« C’était un alcool social, un alcool festif »  

Une drogue banalisée et même socialement valorisée dont Laurence a fait les frais. Elle raconte son histoire. D’abord la façon dont elle a grandi, dans une famille aisée. Et puis comment assez naturellement elle a continué à grimper l’échelle sociale. 

L’histoire est banale : étudiante et jeune adulte, elle fait la fête. Beaucoup. « On boit de l’alcool mais c’est un alcool social, un alcool festif », explique-t-elle. Embauchée dans une grande entreprise de BTP, les responsabilités enflent et sa consommation aussi. Il ne faut pas s’y tromper, les résultats professionnels sont présents. Il s’agit simplement d’une façon de dompter les angoisses et de rendre plus supportable l’isolement pendant ses maints déplacements professionnels. 

C’était si facile : il suffisait d’ouvrir le mini-bar de l’hôtel et je pouvais prendre ce que je voulais.

Elle boit aussi avec son mari qui décède brutalement quand Laurence a trente-cinq ans. Le choc la fait fléchir : en douze mois, elle atteint une consommation de deux à trois bouteilles par jour. Dans son sac, une fiole de vodka orange. Avec toujours un grain de café à mâcher pour masquer l’altération de son haleine. 

J’avais des hallucinations. J’ai compris que je pouvais mourir si je n’avais pas ma dose d’alcool.

Laurence n’est pas dupe. Elle sait que l’on jase au bureau, que ses collègues sont au courant. Sans pour autant qu’une seule personne ne soit venue vers elle pour l’aider. Finalement elle se décide à demander de l’aide et se faire soigner. Mais avant son entrée à l’hôpital, son corps lâche à l’occasion d’une grande fête de son entreprise. L’événement la poussera à vider ses dernières bouteilles dans l’évier et à arrêter l’alcool du jour au lendemain.

Je me suis effondrée ivre morte devant 650 cadres de l’entreprise.

« J’étais atteinte d’un syndrome de dépendance »  

Vanessa aussi a arrêté de boire. C’est en poussant la porte de l’association « Narcotiques Anonymes » qu’elle est parvenue à combattre sa dépendance. 

Au début, c’était juste des apéros. Puis j’ai réalisé que j’avais la gueule de bois tous les deux jours. 

Il lui faut du temps pour réaliser qu’elle souffre d’addictions. Quand elle parvient à résister à l’alcool, elle tombe dans les médicaments ou le haschich. Elle décide alors d’assister aux réunions de « Narcotiques Anonymes ».

Je pouvais enfin être moi sans être jugée. Quand je sens que je retombe, il y a toujours quelqu’un que je peux appeler. 

Pour en savoir plus 

Pour téléphoner à la helpline de « Narcotiques Anonymes » : disponible 7/7 jours de 9h à 22h au 01 43 72 12 72.

  • Reportage : Leila Djitli
  • Réalisation : Yaël Mandelbaum

Merci à Frédérique, Philippe Oliva et Laurence Cottet.

Chanson de fin : "Woman" par Cat Power Feat. Lana Del Rey - Album : Wanderer - Label : Domino Records.

Playlist à emporter

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