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Entourés de policiers, les auteurs de l'enlèvement du baron Empain, dont Alain Caillol, emmenés sur les lieux de la séquestration pour une reconstitution.

Alain Caillol et le kidnapping

29 min
À retrouver dans l'émission

"Au lieu d’aller chercher l’argent, est-ce qu’on ne pourrait pas le faire venir à nous ?"

Entourés de policiers, les auteurs de l'enlèvement du baron Empain, dont Alain Caillol, emmenés sur les lieux de la séquestration pour une reconstitution.
Entourés de policiers, les auteurs de l'enlèvement du baron Empain, dont Alain Caillol, emmenés sur les lieux de la séquestration pour une reconstitution. Crédits : JOEL ROBINE - AFP

Le 23 janvier 1978, le baron Empain est enlevé devant son domicile à Paris. Les suppositions vont bon train sur l’identité et les motivations des ravisseurs. L’époque est aux "commando de gauchistes extrémistes", comme l’écrit le Figaro, qui rappelle un an plus tôt le kidnapping de Hanns Martin Schleyer, président du patronat de la République fédérale d'Allemagne, par la bande à Baader, la Fraction armée rouge (RAF). Il faut dire qu’Edouard-Jean Empain est à la tête d’un empire de centaine de sociétés, qui pèse vint-deux milliards, et qu’il est aussi à l’époque "l’homme du nucléaire". On spécule sur un mobile écologique. Le crime crapuleux n’est pas la piste privilégiée.

L’Etat français est sur les dents : un état-major de crise est convoqué, trente mille gendarmes sont sur le pied de guerre ; le garde des sceaux Alain Peyrefitte en appelle à la "délation des criminels" tandis que François Mitterand dénonce un "recul de civilisation".

Alain Caillol, l’un des ravisseurs, a préparé cet enlèvement pendant plus d’un an. Il revient en détail sur l’envers du décor de ce rapt, qui a duré soixante-trois jours, et lui a valu de passer onze ans derrière les barreaux. 

De toute façon, il était prévu de lui couper le doigt, qu’il dise oui ou qu’il dise non.

Alain Caillol, sur le choix d'amputer le baron Empain.

Ils ont volé, triché, dealé, tué, kidnappé.  Pour la justice, la société, aux yeux de tous ils sont coupables, ce sont des salauds, ils sont du mauvais côté. Mais pour peu qu’on les écoute, qu’on y regarde de plus près, voici que surgit en eux évidemment une part d’humanité, un certain sens de la morale.

Commettre un acte répréhensible, franchir une limite celle de la morale, est-ce pour autant être amoral ou salaud ? Non, en tout cas cette série propose de découvrir des salauds mais pas trop et questionne sur la nature même du passage à l’acte, de la violence et de l’infraction ou des notions de moralité et de légalité. 

"Salauds... mais pas trop!", c’est comme ça qu’on a appelé cette série sur le fil du rasoir.

Chanson de fin : "Bensonhurst Blues" par Oscar Benton - Album : "Bensonhurst Blues" (2000) - Label : Limited Blues.

  • Reportage : Pascale Pascariello
  • Réalisation : Assia Khalid

Bibliographie

LumièreAlain CaillolCherche Midi, 2012

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