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Le port de Beyrouth après l'explosion

Scènes de chaos

28 min
À retrouver dans l'émission

Le 4 août dernier, il travaille à Beyrouth, à quelque 500 mètres du port, lorsque la capitale est soufflée par une explosion monumentale. Inès est une jeune infirmière à Paris, elle est envoyée en secteur covid en mars dernier et se retrouve au cœur de la crise. Angoissés, comment trouver du sens ?

Le port de Beyrouth après l'explosion
Le port de Beyrouth après l'explosion Crédits : JOSEPH EID - AFP

Wael, musicien franco libanais, est à Beyrouth le 4 août 2020 au moment de l'explosion qui a ravagé le port et la moitié de la ville. Au début, il croit à un bruit de pétard comme il a l'habitude d'en entendre avant que, très vite, le chaos ne se répande. 

Il raconte comment il s'est senti démuni face à son amie blessée, dans l'impossibilité de réagir efficacement, parce qu'incapable de mobiliser un quelconque savoir-faire dans cette situation extrême. La remise en cause profonde de son utilité dans un moment de crise comme celui-ci est aussi motivée par la séparation à l'œuvre, depuis peu, entre les métiers jugés essentiels et ceux qui ne le sont pas.

Dans l'explosion, Wael perd ses lunettes et doit accompagner son amie blessée jusqu'à l'hôpital dans une atmosphère apocalyptique.

On était une horde de zombies ensanglantée, je me suis dit que ce n'était pas plus mal d'avoir perdu mes lunettes pour ne pas voir ça.

L'explosion a ravagé ma vie, je ne vais pas la surpasser si facilement.

Je me suis senti inutile, j'ai 40 ans et je suis incapable d'aider quelqu'un en danger, de panser une blessure.

- Inès est une infirmière de 24 ans. Exerçant son métier depuis juillet 2016, elle s'est retrouvée du jour au lendemain dans l'unité Covid de son hôpital durant la première vague de l'épidémie. Elle estime n'avoir pas pu exercer correctement son travail, ni su faire face. Elle a décidé aujourd'hui de changer de métier.

Quand on m'a annoncé que je me retrouvais le lendemain dans l'unité covid, je me suis effondrée de peur.

J'ai fait ce métier là pour soigner les gens du mieux que je peux et là, je m'en suis sentie incapable. On ne pouvait même pas les rassurer parce qu'on était sans certitudes.

Psychologiquement, la détresse et l'inquiétude de certains patients était difficile à supporter. La souffrance dans cette atmosphère hospitalière a suscité des troubles, notamment alimentaires, qui l'ont fait douter de sa capacité à exercer ce métier toute sa vie.

Je me sens inutile mais je n'ai pas la force de replonger là-dedans. Je ne me suis pas encore relevée de cette première vague et je ne pense pas pouvoir surmonter cela une deuxième fois.

Reportage : Martine Abat 

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Merci à Sophie Knapp Arnaud Chiche et au collectif santé en danger.

Musique de fin : "Le chemin 66/6" de YUZMV.

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