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"Zut ! J'ai oublié d'avoir des enfants." En avoir ou pas : elles ont fait le choix de ne plus jamais avoir d'enfants, et elles expliquent.

Stérilisation volontaire

27 min
À retrouver dans l'émission

Comment elles ont choisi la stérilisation, soit comme méthode de contraception radicale, soit parce qu’elles ne veulent pas, ou plus, d’enfant.

"Zut ! J'ai oublié d'avoir des enfants." En avoir ou pas : elles ont fait le choix de ne plus jamais avoir d'enfants, et elles expliquent.
"Zut ! J'ai oublié d'avoir des enfants." En avoir ou pas : elles ont fait le choix de ne plus jamais avoir d'enfants, et elles expliquent. Crédits : Jena Ardell - Getty

La stérilisation volontaire est légale en France depuis 2001. En principe, le médecin n’est pas censé poser la moindre question. La seule obligation du praticien est de respecter un délai de quatre mois entre la demande et sa confirmation. En France, pendant très longtemps, la stérilisation a été interdite, au nom d’un principe de "non-mutilation du corps" qui remonte à Napoléon. 

Cette méthode de contraception renvoyait aussi aux heures noires du nazisme, et pas si loin, d’eugénisme social pratiqué en Suède jusque dans les années 70. On a stérilisé les enfants d’alcoolique, des handicapés mentaux, des repris de justice, pour une société soi-disant plus « harmonieuse ». Jusqu’en 2001, les médecins qui pratiquaient la stérilisation féminine le faisaient donc au compte-goutte. Les stérilisations étaient parfois pratiquées par compassion, parfois de manière arbitraire, souvent pour des raisons aussi paternalistes que celles qui motivent le refus de stériliser, au nom d’une conception morale de la fécondité, ou en vertu d’une idéologie encore teintée de l’idée qu’une femme ne s’accomplit que si elle a des enfants. 

Dans la pratique, malgré sa légalisation, la stérilisation aujourd’hui continue à susciter l’hostilité des gynécologues. Comme pour les demandes d’IVG, ils sont en droit de refuser de la pratiquer. Les démarches des femmes ressemblent alors souvent au parcours du combattant …  

Quelque chose m’a frappée : les patientes commencent toujours pas se justifier de leur demande de stérilisation, avec une certaine culpabilité, voire de la révolte.

Précisions

La méthode de contraception via les implants Essure, mentionnée à plusieurs reprises dans l'émission, a vu sa commercialisation arrêtée en Europe en 2017, suite à de nombreuses plaintes déposées par des femmes.

1ère diffusion le 19/02/2015.

Chanson de fin : "Jesus Fever" par Kurt Vile - Album "Smoke Ring For My Halo" (2011) - Label : Matador.

  • Reportage : Zineb Dryef
  • Réalisation : Thomas Jost (et Emmanuel Geoffroy)

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