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Travailleurs sans filet

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Ils sont 1,2 million de travailleurs en « contrats à durée déterminée d’usage » et travaillent dans le tourisme, l’événementiel ou l’hôtellerie. Avec la crise sanitaire, leur activité s’est arrêtée net. Ils sont les oubliés de tous les dispositifs.

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Image d'illustration Crédits : Varangkana Petchson / EyeEm - Getty

La crise sanitaire a eu pour conséquence une crise sociale et une précarisation d'une multitude de travailleurs. En première ligne, les CDDU (CDD d'usage), grands oubliés des dispositifs d'aide.

- Michel est maître d’hôtel, intermittent de la restauration et organise des événements comme des cocktails, des réceptions ou des dîners d’affaires. Jusqu’en février 2019, après avoir exercé plusieurs métiers dans sa vie, tout allait bien dans sa nouvelle profession et son agenda était bouclé jusqu’au mois de décembre. Il avait un rythme de vie agréable et le réseau qu'il s'était constitué lui permettait de bien travailler.

L’intermittence, régime auquel il appartient, ouvre des droit à partir 610 heures effectuées. L’allocation prend le relai pendant les périodes creuses. Au mois de mars, quand le confinement est déclaré, Michel n’avait pas ces 610 heures en question et, du jour au lendemain, il s'est retrouvé sans rien sinon le RSA, passant de 3000 à 500 euros de revenus mensuels.

Les missions sont annulées les unes après les autres, alors que les factures continuent de tomber, et que les relances et les menaces de résiliation se succèdent. 

Pendant trois mois, j’ai mangé des biscottes et du lait. 

Socialement on s’isole. Par orgueil, on ne veut pas avouer sa situation. 

Michel ne bénéficie pas du système des intermittents du spectacle et doit faire face à une situation intenable.

Quand le rideau s’ouvre et qu’on fait un service de qualité en salle, on fait partie du spectacle nous aussi, alors pourquoi on n’aurait pas les mêmes droits, pourquoi on nous ignore ?

- Myriam et Julien sont mariés et ont deux petits garçons. Lui est chef cuisinier et Myriam, après une carrière dans le secrétariat en tant qu’assistante de direction, décide de se reconvertir en tant que maîtresse d’hôtel, motivée par un besoin de rencontrer du monde. Elle travaille alors avec des lieux prestigieux comme le musée Grévin ou le Quai Branly.

J'avais le sentiment d’avoir trouvé ma voie pour la première fois au bout de 20 ans de carrière.

Alors qu'ils avaient prévu, pour célébrer ses 40 ans, un voyage à partir du 21 mars à Cuba, le confinement est déclaré le 16 mars. Cette mise à l'arrêt du secteur de l'événementiel va coïncider avec une chute vertigineuse de leurs revenus et aboutir à une situation économiquement intenable. 

Leur pouvoir d’achat s’amoindrit de jour en jour. Le couple avait un train de vie agréable et se retrouve avec un revenu commun chutant jusqu'à 1700 euros, alors que leurs charges fixes s'élèvent à 2000 euros.

Tout était fait pour nous accabler. On était des milliers en CDDU et donc des milliers dans la précarité financière. 

Michel et Myriam tentent donc de trouver des solutions et de composer avec une situation qui ne s'arrange pas et des perspectives qui s'assombrissent. 

  • Reportage : Rémi Dybowski Douat 
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Merci à Myriam, Michel et Ahcene.

Chanson de fin : "Home" de Hollow Coves, EP: Wanderlust, Label : Nettwerk Records  

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