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"Quand je ne veux pas faire 2h de yoga, je prends un trait, je gagne du temps". Linda raconte, six mois après cet aveu surprenant, son expérience où la prise de cocaïne s'était tristement banalisée
Épisode 2 :

Les consommatrices

28 min
À retrouver dans l'émission

Comment et pourquoi on consomme de la C. Deux jeunes femmes racontent.

"Quand je ne veux pas faire 2h de yoga, je prends un trait, je gagne du temps". Linda raconte, six mois après cet aveu surprenant, son expérience où la prise de cocaïne s'était tristement banalisée
"Quand je ne veux pas faire 2h de yoga, je prends un trait, je gagne du temps". Linda raconte, six mois après cet aveu surprenant, son expérience où la prise de cocaïne s'était tristement banalisée Crédits : Wodicka/ullstein bild - Getty

D’après une synthèse publiée par l’OFDT, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, la cocaïne est le produit illicite le plus consommé en France après le cannabis. Tout en ne concernant qu'une petite partie de la population, lit-on sur le site de cette organisation, le produit a connu une diffusion exponentielle au cours des années 1990 et 2000. La part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par sept en deux décennies. Comme on l’entendait dans l’épisode précédent d’une odeur de poudre, ceci est en grande partie le résultat d’une vaste opération de marketing et de redéploiement des ventes orchestrée par le cartel de Medellin. En France, comme on peut s’en douter, la cocaïne concerne surtout les jeunes adultes, en particulier les 26-34 ans. Le nombre d'expérimentateurs occasionnels de cocaïne, en tout, est estimé à environ 2,2 millions de personnes, et le nombre d'usagers au cours de l'année à environ 450 000 personnes.

Tous les milieux sociaux touchés

Les milieux sociaux concernés par la diffusion de la cocaïne sont devenus, poursuit cette synthèse, tellement larges et hétérogènes qu'il est difficile aujourd'hui de dresser un portrait type du consommateur. Si on regarde par catégories socio-professionnelles, on voit pourtant que ce sont étonnamment les artisans et commerçants les plus grand consommateurs, suivis par les ouvriers et les cadres. Mais la catégorie qui a, comme on dit, le plus haut niveau d’expérimentation c’est la population active au chômage.

Pendant longtemps, la consommation est essentiellement dite festive. Elle concerne les adeptes de la musique techno mais depuis la même seconde moitié des années 1990, les usagers de la cocaïne se diversifient, on en prend au travail, notamment. 

Une nouvelle façon de mesurer la consommation est également apparue au débu du siècle qui permet d’en cartographier précisément les usages. C’est l’analyse des eaux d’égouts. Cinq chercheurs du CNRS ont ainsi pu analyser des échantillons d’eaux provenant de 25 stations d’épuration à travers la France, lors de deux campagnes de prélèvements en 2012. Certaines villes ont d’ailleurs refusés d’être citées une fois les résultats obtenus. 

Le site doc buzz a toutefois analysé quelques tendances. Il en ressort notamment que Lille apparait comme la nouvelle capitale de la consommation de cocaïne : sa consommation varie de 1409 mg/jour/1000 habitants pendant la semaine à 2434 mg/jour/1000 habitants au cours du week-end. C’est la plus forte consommation de cocaïne jamais retrouvée au niveau d’une ville dans toute l’Europe par des études comparables. Les autres villes dont la consommation est supérieure à la moyenne nationale sont situées dans le sud de la France ; 3 villes dépassent 500 mg/jour/1000 habitants. C’est aussi la consommation moyenne retrouvée à Paris. L’absence de cocaïne a été constatée uniquement dans deux villes : une petite ville de province et sur l’île de la Réunion.
 

Chanson de fin : "Why did we fire the gun ?" par Waldeck - Album : "Ballroom stories" (2007) - Label : Dope noir records.

  • Reportage : Adila Bennedjaï-Zou
  • Réalisation : Delphine Lemer

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