LE DIRECT
Une femme à vélo observant la centrale et ses travaux

Vivre à côté d'une centrale : Saint-Laurent-des-Eaux

27 min
À retrouver dans l'émission

Nicole, Gaston, Jean et Florian vivent tout près de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher. Habitant, ex-employé, militant et agriculteur, ils ont tous une histoire qui les lient à la centrale.

Une femme à vélo observant la centrale et ses travaux
Une femme à vélo observant la centrale et ses travaux Crédits : Sodapix - Getty

Gaston a travaillé au service entretien des machines tournantes de la centrale de Saint-Laurent-des-eaux, dès son ouverture en 1966. En 1969, il est présent lors du premier accident.

Ce jour-là, en salle de commande, les techniciens s'aperçoivent qu'un canal monte en température. La température était très élevée, nous avions trois tenues superposées pour éviter la contamination. En arrivant en-bas du réacteur, on vidait nos bottes, remplies de transpiration. 

A aucun moment je n'ai eu peur pour ma santé. A l'époque on parlait de "radioactivité bonne pour la santé". On ne parlait pas encore de cancer comme aujourd'hui. Et d'ailleurs, je suis en bonne santé. 

Rien n'est sorti de la centrale. Pour la population des environs, ce qui s'est passé ce jour-là est assez banal.

Nicole vit a proximité de la centrale depuis 1973. Elle a aujourd'hui 75 ans et peut voir la centrale et les réacteurs depuis sa véranda. 

Auparavant, on les appelait avec humour : "les nouvelles cathédrales modernes" ce sont des tours de béton avec de la vapeur d'eau qui s'en échappe. C'est ce qu'on appelle le nuage, il nous indique le sens du vent !

On a tous nos petites plaquettes d'iode. Quand les thyroïdes sont saturées d'iode, la radioactivité a moins de chance de s'y fixer. Si les autorités nous en donnent l’ordre, on en prend. 

Le danger c'est la fuite radioactive. Lors de l'incident de 1987, la Loire avait gelé et il y avait un jet de vapeur continu, une immense cocotte minute... Il n'y avait plus de courant, on ne savait pas ce qui se passait.

Je fais confiance et je ne connais pas de gens qui ont peur... J'ai eu la chance de visiter ces réacteurs, c'est impressionnant !

Je ne suis pas prête à pédaler pour faire fonctionner ma machine à laver ! Que peut-on faire pour remplacer le nucléaire ?  

Jean et sa femme, un couple de soixantenaire habitent à une dizaine de kilomètres de la centrale.

En tant qu'ancien ingénieur en génie sanitaire pour l'Agence régionale de santé du Loiret, je m’intéressais aux problèmes de qualité des eaux et des risques nucléaires. Aujourd’hui, je suis bien plus anti-nucléaire que je ne l'étais au début de ma carrière. Il y a beaucoup de mensonges et de malfaçons. 

Ce que tout le monde ignore c'est qu'il y a de gros dépôt de déchets nucléaires, au moins 8 500 tonnes, issues de l'ancienne centrale et EDF ne sait pas quoi en faire...

Florian, 24 ans, est un jeune agriculteur à Saint-Laurent-des-Eaux. Il a changé d'opinion sur le nucléaire depuis qu'EDF veut acheter ses terres pour un nouveau projet : 

La centrale fait vivre beaucoup de monde. Ma mère a travaillé là-bas pendant vingt-cinq ans. Mais quand ils ont commencé à s'intéresser à mes terres, ma relation avec EDF a changé. On a appris qu'EDF voulait acheter 116 hectares pour agrandir la centrale... en faire un site de dépôt des déchets ou pour y installer de nouveaux réacteurs. 

Reportage :  Alice Milot

Réalisation : Cécile Laffon

Référence musicale de fin d'émission :  L'Univers de Dick Annegarn - Album : Sacré Géranium.

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......