LE DIRECT
Bingtao dans un aéroport vide, déterminé à rentrer en France.

Wuhan confidentiel (2/2)

28 min
À retrouver dans l'émission

Bingtao Chen est un jeune chinois résidant habituellement à Paris. Il a décidé de fêter le Nouvel An chinois chez ses parents à Wuhan. Après deux mois de confinement en Chine, il cherche par tous les moyens une solution pour regagner la France. Une fois rentré à Paris, le voilà à nouveau confiné.

Bingtao dans un aéroport vide, déterminé à rentrer en France.
Bingtao dans un aéroport vide, déterminé à rentrer en France. Crédits : Anthony Wallace - AFP

Bingtao n'a pas été touché par le virus. Mais il reçoit beaucoup d'informations et de vidéos sur la situation grâce au réseau social WeChat. 

Les hôpitaux étaient bondés. En Chine, il n’y a pas beaucoup de médecins en cabinet. Dès qu’on est malade, on se rend à l’hôpital. 

Un nouvel hôpital est construit en dix jours à Wuhan. 

La vitesse de construction ne nous a pas choqués. Il y a beaucoup de gens qui sont allés spontanément donner un coup de main compte tenu de la situation. 

Au mois de mars, Bingtao cherche à rentrer en France pour retrouver sa vie et son ami. 

J’ai dit à mes parents que je voulais rentrer à Paris. Mais ils étaient très inquiets ; en France, des Asiatiques étaient agressés à cause du virus. 

Une QR code est développé par les autorités chinoises pour tracer les éventuels contacts avec les personnes infectées. Bingtao installe l’application. 

Au bout de quinze jours, l’application a affiché la couleur verte. C’était obligatoire pour que je quitte le territoire. J’étais très excité, j’allais pouvoir rentrer en France.  

J’avais besoin aussi d’une attestation de mon entreprise indiquant qu’elle avait besoin de moi. Mais on n’a pas réussi à avoir une version chinoise de l’attestation, alors je l’ai fabriquée. 

Bingtao arrive ainsi à sortir de la province du Hubei pour aller dans une province voisine. Il prend ensuite le train et arrive à l’aéroport de Shanghaï le 19 mars. L’aéroport est vide. Un employé lui prend la température. 

Quand j’ai dit à l’employé que je voulais quitter la Chine, il a été étonné. Il avait surtout vu des chinois regagner le territoire. 

À son arrivée en France, ses amis pensent que le gouvernement saura mieux gérer l’épidémie que la Chine. Mais les mesures françaises lui semblent minimes, et il se doute que ce ne sera pas le cas. 

À mon arrivée à Roissy-Charles-de-Gaulle, aucune prise de température n'était prévue et il y avait du monde rassemblé à la douane. Je me suis demandé s’il y avait vraiment une épidémie en France. 

Dans les supermarchés, peu de choses étaient mises en place pour éviter la propagation, à part des lignes à terre. En Chine, les masques sont obligatoires et ici les experts disaient que c’est inutile. 

J’étais étonné de voir qu’on pouvait s’autoriser à sortir pour faire du jogging ou promener un chien. Une vieille dame française a dit qu’elle préférait plutôt mourir du Covid que d’ennui. Les Français placent la liberté au-dessus de tout. 

Sa propre expérience semble confirmer ses craintes. 

En Chine, je connais beaucoup de monde, pourtant personne de mon entourage n'a été atteint du Covid. En France, avec le peu de connaissances que j’ai, je connais deux personnes qui sont mortes. 

On dit qu’il y a 4000 morts en Chine, et près de 30 000 en France. Ces chiffres ne m’étonnent pas. 

  • Reportage : Stéphanie Thomas
  • Réalisation : Clémence Gross

Musique de fin d'émission : Crédits de Destructo Jones. Album : Hair Trigger

Playlist à emporter

En cliquant sur "Ajouter à..." vous pourrez récupérer tout ou partie de la playlist de cette émission sur Spotify, Deezer ou Youtube.

L'équipe
Production
Production déléguée

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......