LE DIRECT
Francoise Heritier Anthropologue

Parcours d'une anthropologue éclairée avec Françoise Héritier : "Nous sommes des êtres vraiment bizarres"

53 min
À retrouver dans l'émission

Françoise Héritier, la célèbre anthropologue, ethnologue et militante féministe reçoit chez elle dans son appartement parisien et retrace son parcours, ses combats, son chemin d’humanité.

Francoise Heritier Anthropologue
Francoise Heritier Anthropologue Crédits : Daniel FOURAY - Maxppp

Rediffusion du 26 avril 2015

Elle nous parle de ses convictions, de son panthéisme, de son amour de la langue de ses interrogations aussi, de ses inquiétudes et de sa confiance, malgré tout, dans la nature humaine. Héritière intellectuelle de Claude Lévi-Strauss à qui elle a succédé au Collège de France, inaugurant la chaire d'« étude comparée des sociétés africaines », François Héritier a beaucoup contribué à penser les formes anthropologiques et les représentations symboliques de la différence des sexes. Activiste de la non-violence, elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et elle soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.

Françoise héritier s'amuse de ce qu'on pouvait dire d'elle enfant : "On m'a toujours dit que j'avais été une petite fille facile". Elle remarque que cet adjectif "facile" n'était utilisé "que pour les filles". Elle pense donc du plus loin qu'elle remonte qu'elle a un naturel optimiste. Elle insiste pour sur sa recherche de la joie : "La joie c'est un sentiment de profonde harmonie avec le monde".

Un des traits fondamentaux de mon travail c'est que je considère que la diversité des cultures est le fondement de l'universel. C'est dans la diversité des cultures que l'on peut trouver les points d'universalité, que s'il n'y avait que de l'universel, nous serions tous semblables, on n'aurait même plus besoin de parler d'universel, on ne parlerait que d'instinct comme pour les sociétés animales.

Sur le débat qui agite la société française concernant le genre, Françoise Héritier donne son avis :

Qu'il y ait un jeu hormonal qui induise à cause de la testostérone plus de tendance à la bagarre chez les garçons, c'est possible. Il ne s'agit pas de nier le jeu hormonal mais de montrer qu'il est canalisé pour être toujours exploité au mieux d'un certain type qu'on s'est mis en tête de garçons ou de filles idéaux. [...] Quand j'étais une petite fille on me disait toujours "une petite fille ne fait pas ça", "tiens bien tes genoux attachés l'un à l'autre quand tu t'assieds"... Regardez une photo d'hommes en groupe assis, ils ont tous les jambes largement écartées, toujours. Ce n'est pas naturel, c'est culturel ! Il y a quelque chose de culturel : il s'agit de montrer.

Derniers ouvrages parus :

Retour aux sources , Paris, Galilée, 2010.Hommes, femmes : la construction de la différence , Paris, Le Pommier, 2010. Le Sel de la vie , Paris, Odile Jacob, 2012 (Prix Simone Veil)Le Goût des mots , Paris, Odile Jacob, 2013.

La référence du livre évoqué par Françoise Héritier: Mark Haddon, "Le bizarre incident du chien pendant la nuit", Pocket 2005. (merci à Annick M.)

Bibliographie

Intervenants
  • anthropologue et ethnologue, professeur honoraire au Collège de France (1933-2017)
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......