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Jean Vanier, Trosly-Breuil, 2014

L'arche de l'amour

53 min
À retrouver dans l'émission

Dans le cadre de la série Grands témoins des Racines du ciel, Leili Anvar est allée à la rencontre de Jean Vanier, philosophe, théologien, fondateur de "l'Arche" et co-fondateur de "Foi et Lumière", chercheur de paix.

Jean Vanier, Trosly-Breuil, 2014
Jean Vanier, Trosly-Breuil, 2014 Crédits : TIZIANA FABI - AFP

Jean Vanier vit en communauté avec des personnes très différentes, dont certaines sont faibles et démunies. À partir de son expérience il nous ouvre un chemin : nous découvrons que là où nous sommes, nous pouvons tous travailler pour la paix. Pour cet entretien, il reçoit la productrice Leili Anvar à Trosly-Breuil, commune de l'Oise, où le théologien commence à organiser une solidarité locale au début des années 1960. C'est ici que Jean Vanier fonde la première communauté de l'Arche en 1964. Aujourd’hui en France, L’Arche accueille plus de 1 800 personnes en situation de handicap mental dans 35 communautés. Homme de lettres canadien, philosophe et théologien, Jean Vanier est le témoignage vivant que la foi dépasse les montages. Il a consacré sa vie et l'énergie de sa foi pour aller à la rencontre des plus faibles. 

Au cours de cet entretien, Jean Vanier s'est confié sur son enfance pendant la Seconde guerre mondiale, son engagement militaire dans la Royal Navy en Angleterre, mais aussi sa carrière de professeur de philosophie, sa foi, et son engagement auprès des personnes handicapées. 

Né le 10 septembre 1928 à Genève, Jean Vanier est en France lorsque la Seconde guerre mondiale éclate. Il s'engage alors dans la Royal Navy, et quitte sa famille à l'âge de 13 ans pour rejoindre l'Angleterre : 

Rétrospectivement, je trouve cela extraordinaire que mon père ait accepté ma décision. Il a eu confiance en moi, alors j'ai eu confiance en moi-même. Mais s'il avait dit non, quelque chose en moi aurait été brisé. Il avait expliqué à ma mère - qui n'était pas très contente - "Ne lui coupe pas ses ailes". Je crois que je suis devenu adulte à ce moment-là. Tout ma vie a reposé sur ce geste de mon père. Jean Vanier

J'avais la certitude que je devais partir. Comme j'ai eu la certitude, quelques années plus tard, que je devais fonder l'Arche. Je ne peux pas déconnecter cela de ce qui s'est passé à l'Arche. Jean Vanier

Je n'ai pas vécu mon adolescence. Il y avait une intensité de vie et de désir, un développement du corps, beaucoup de sport, un développement humain très jeune. J'ai très vite eu des responsabilités. Jean Vanier

Quelque temps plus tard, Jean Vanier quitte sa carrière militaire naissante et opte pour des études de philosophie et théologie, jusqu’au professorat : 

Il y avait ce désir en moi de quitter le monde militaire pour suivre Jésus. À cette époque-là, je voulais devenir prêtre. J'ai cherché pour trouver quelle était ma mission dans la vie. Jean Vanier

Je suis allé dans une communauté près de Paris, où il y avait des travaux manuels. C'était un lieu de réflexion, de travail communautaire. J'ai découvert la joie de la vie communautaire. Jean Vanier 

J'ai été tenté de me retirer dans une vie monastique. Je suis parti dans une chartreuse, dans le canton de Fribourg où j'ai passé dix ou douze jours. Ce qui est sûr, c'est que ce n'était pas fait pour moi. J'avais besoin d'engagement avec les autres. Jean Vanier

Il s'inscrit finalement à l'Institut catholique de Paris, devient doctorant en philosophie et travaille sur le bonheur chez Aristote. Il poursuit alors une vie de prière, tout en enseignant à la faculté de Toronto : 

J'ai toujours été attiré par l'intériorité. Je sais que Dieu habite en moi. La conscience personnelle est un sanctuaire sacré, on y apprend l'amour. Jean Vanier 

En 1964, il décide de tout quitter pour vivre avec deux handicapés mentaux, dans une petite maison sans commodités, en lisière de la forêt de Compiègne. C'est cette même année qu'il fonde l'association l'Arche : 

J'ai rencontré ces deux personnes dans une institution dans l'Aisne, et j'ai découvert un monde que j'ignorais totalement. J'ai découvert un monde de souffrance, de rejet. Il y avait 80 hommes enfermés dans un bâtiment en béton, très froid. Ils n'avaient pas de travail. Je me sentais à la fois attiré et en répulsion lorsque j'ai visité cet endroit. Jean Vanier

La moindre des choses, c'était d'accueillir ces deux personnes qui n'avaient pas de famille. J'ai acheté une petite maison à Trosly, et j'ai vécu avec Raphaël et Philippe. C'était pour eux une libération. On passait beaucoup de temps à faire la cuisine. Jean Vanier

Première diffusion le 08/11/2015

Intervenants
  • Fondateur des communautés de L’Arche où des personnes et des femmes de toutes origines partagent la vie de personnes qui ont une déficience intellectuelle.
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