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Clotho est présentée au Salon de 1893, dans sa version en plâtre. L’œuvre est diversement accueillie.

Clotho, Camille Claudel ose la laideur la plus radicale

1h
À retrouver dans l'émission

Quand la jeune sculptrice arrive à Paris, elle a 17ans mais les femmes n'ont pas le droit de s'inscrire à la prestigieuse École des beaux-arts de la ville. Pourtant la talentueuse Claudel va devenir une immense artiste que l'on découvre à travers le choc de Clotho, une vieille femme au corps maigre.

Clotho est présentée au Salon de 1893, dans sa version en plâtre. L’œuvre est diversement accueillie.
Clotho est présentée au Salon de 1893, dans sa version en plâtre. L’œuvre est diversement accueillie. Crédits : Christian Braja

Aujourd’hui nous regardons une œuvre de Camille Claudel intitulée « Clotho * » une sculpture d’abord réalisée en plâtre pour le Salon de la société nationale des beaux-arts de 1893* avant sa version en marbre qui sera exposée en 1897 ; ce plâtre est aujourd’hui conservé au Musée Rodin, à Paris.

Camille Claudel, pour une fois, y ose la laideur la plus radicale, le choc le plus violent, la transgression la plus inacceptable. Cette vieille femme au corps maigre, aux mamelles pendantes comme des outres flasques, au ventre ballonné, au sexe flétri, se couvre de charpies de cheveux, linges striés, tordus qui l’enserrent comme un serpent, comme un cocon, comme un linceul. Le visage à demi voilé laisse voir une bouche hideuse, édentée, prête à hurler de douleur. Ce n’est plus seulement la représentation de la vieillesse, c’est l’annonce de l’horreur absolue à venir.

Camille Claudel est une figure complexe, intimement liée à l’histoire d’un autre grand sculpteur, Auguste Rodin , dont elle fut l’élève puis l’amante. Souvent dénigrée par les critiques de son époque, elle fut cependant soutenue par de grandes personnalités : d’abord Rodin en premier chef qui se préoccupait de la carrière de Camille et intervenait auprès des critiques, comme Gabriel Mourey à qui il écrivait de faire « quelque chose pour cette femme de génie que j’aime tant »

Mais au-delà du face à face dramatique avec Rodin, il y eut aussi le regard de Mathias Morhardt par exemple, le journaliste qui fut aussi son premier biographe, ou encore Henry de Braisne, Louis Vauxcelles , et bien d’autres qui commentèrent l’œuvre de Camille Claudel…enfin il y eut aussi Paul Claudel , son frère, l’éminent homme de lettres le dramaturge le poète mais aussi le diplomate avec qui elle entretint depuis l’enfance une relation tumultueuse et passionnée.

C’est donc à la lumière de ces regardeurs que nous observons à notre tour aujourd’hui l’œuvre de cette immense artiste.

Textes de : Auguste Rodin, Gabriel Mourey, Mathias Morhardt, Henry de Braisne, Louis Vauxcelles et Paul Claudel.

Lecture des textes : Lara Bruhl

Musiques :

Und entfernt sich wieder d'Eva Maria Houben

Phil2 de KTL

NTL de Sun o))) et Boris

Intervenants
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