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Victor Hugo, Odalisque, 1866.

Eros Hugo

59 min
À retrouver dans l'émission

Discussion et analyse sur le thème de l'érotisme en compagnie d'Alain Fleischer. Mise en perspective par 2 oeuvres : une de Victor Hugo et l'autre signée Auguste Rodin. Prétexte : L'exposition « Eros Hugo. Entre pudeur et excès » à la Maison Victor Hugo, Paris 4ème.

Victor Hugo, Odalisque, 1866.
Victor Hugo, Odalisque, 1866. Crédits : Collection particulière © Alexander Rabczuk

 Aujourd'hui, nous observons un dessin exécuté, en 1866,  par Victor Hugo. C'est la représentation d'une jeune femme dénudée dénommée Odalisque. La légende est : Victor Hugo, Odalisque, 1866, crayon de graphite, plume, pinceau, encre brune et lavis, rehauts de gouache blanche sur papier beige à tranche dorée. 17,1 x 26, 7 cm. Collection particulière © Alexander Rabczuk

« Eros Hugo. Entre pudeur et excès » à la Maison Victor Hugo, 6 place des Vosges (Paris 4ème), à explorer du 19.11.2015 au 21.02.2016. 

Affiche de l'exposition
Affiche de l'exposition Crédits : Maxppp

« Ce qu’on appelle passion, volupté, libertinage, débauche, n’est pas autre chose qu’une violence que nous fait la vie », écrit Hugo en 1876. 

Cette violence touche à la fois aux passions de Victor Hugo qui fut un grand amoureux, et à sa sexualité, qu’on s’est complu à présenter comme frénétique. Elle touche à certaines qualités de son œuvre : la puissance, la générosité, le lyrisme. Victor Hugo est à la fois pudeur et excès. Pudeur quand il glorifie, de Cosette à Déa, des amours idylliques, «purs» et presque «chastes». Pudeur quand il réserve à des publications posthumes les poèmes très sensuels écrits pour ses grands amours que furent Juliette Drouet, Léonie Biard et Blanche Lanvin. Pudeur également quand il s’interdit toute intrusion du côté de l’érotisme, fût-il littéraire, alors que le siècle tout autour de lui y verse abondamment. Il est aussi excès dans l’expression des passions au cours de deux scènes presque hallucinées de Notre-Dame de Paris et de L’Homme qui rit. Excès quand il laisse libre cours à la force vitale qui est celle, agissante, chaotique, omniprésente, du dieu Eros. Une extraordinaire puissance porte l’œuvre de Hugo. 

Couverture du catalogue de l'exposition
Couverture du catalogue de l'exposition Crédits : Vincent Gille, Pierre Laforgue

L’exposition se propose de suivre chronologiquement cette double face dans sa vie et son œuvre depuis la sensualité chatoyante des Orientales, la violence des passions dans les drames jusqu’aux transpositions mythologiques des grands textes. On sait, par ailleurs, combien la sexualité de Hugo a parfois été complexe et foisonnante – mais sans doute guère plus que nombre de ses contemporains. Cet aspect intime, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis les travaux d’Henri Guillemin – sera donc remis en perspective. Autour des œuvres de Hugo, seront présentées des sculptures de Pradier, de Rodin, des peintures de Böcklin, Cabanel, Chassériau, Corot, Courbet, des dessins et gravures de Boulanger, Delacroix, Devéria, Ingres, Gavarni, Guys, Rops, des photos de Félix Moulin, de Vallou de Villeneuve. En quelques occasions, de brèves et suggestives évocations de l’érotisme 19ème permettront de comprendre, a contrario, combien Hugo ne s’est jamais placé sur ce terrain-là. Une large sélection de textes de Hugo, pour la plupart très peu connus, seront donnés à lire et à entendre tout au long de l’exposition.

Victor Hugo se tenant la tête  1878
Victor Hugo se tenant la tête 1878 Crédits : Photo (C) Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Atelier de Nadar

Légende : Nadar (atelier de) (1871-1939). Victor Hugo se tenant la tête. 1878. Photo (C) Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Atelier de Nadar. Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine

Il a aussi été question d'une oeuvre d'Auguste Rodin : "Femme nue aux jambes écartées". Après 1896. Auguste Rodin - D.4896. Crayon au graphite (trait) et aquarelle sur papier vélin - 32,3 x 25,3 cm. © Musée Rodin (photo Jean de Calan)

Femme nue aux jambes écartées Après 1896
Femme nue aux jambes écartées Après 1896 Crédits : Musée Rodin (photo Jean de Calan)

Quelques références musicales (extraits) : Sounds Paintings par Joan La Barbara - Exit music (for a film) de Radiohead repris par Amanda Palmer - Lullaby d'Eva-Maria Houben

Les textes sont lus par Gabriel Dufay : "Océan, 59" (30 mai 1874). Victor Hugo. Bouquins, volume "Poésie IV", page 1041 - "À des baigneuses", Dernière Gerbe, LXXVI. Victor Hugo. Bouquins, volume "Poésie IV", page 857 - Dieu, "L'océan d'en haut", IV. Victor Hugo. Bouquins, volume "Poésie IV", pages 645-646 - Paul Gsell (1911) dans son livre d'entretiens avec Auguste Rodin intitulé "L'Art". Paris, éditions Bernard Grasset - Victor Hugo, "Les Misérables", IV, III, 3. Bouquins, volume "Roman II", pages 700-701.

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