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Le Sacre de Napoléon par le peintre Jacques-Louis David, peintre officiel de Napoléon Ier.  Imposante par ses dimensions, presque dix mètres sur plus de six, la toile de David est conservée au Louvre.

Piet Mondrian, Le nuage rouge (1907)

59 min
À retrouver dans l'émission

Tableau spontané ? Esquisse ? Pochade ? Le Nuage rouge peint par Mondrian vers 1907 est un tableau charnière dans l’œuvre du peintre néerlandais qui semble annoncer l’abstraction qui le caractérisera par la suite.

Piet Mondrian, Le nuage rouge, 1907
Piet Mondrian, Le nuage rouge, 1907 Crédits : droits Gemeente Museum, La Haye

Forme-signe qui traverse la toile, le nuage rouge est brossé au centre d’un paysage, réduit au bleu vif d’un ciel qui surplombe une prairie verdâtre, séparés par une ligne d’horizon marquée. La rupture est consommée avec les paysages de l’école hollandaise. Mondrian, influencé par Van Gogh - qu’il aura pu admirer lors d’une exposition à Amsterdam en 1908 - ou encore par Van Dongen et les fauves, mais aussi par les luministes hollandais Jan Toorop et Jan Sluyters, accentue peu à peu les éclairages extrêmes. Cette importance attribuée à la lumière vient aussi de son adhésion à la théosophie, diffusée alors par les ouvrages de Hélène Blavatsky et Rudolf Steiner. 

Tableau spontané ? Esquisse ? Pochade ? Pour tenter de percer le mystère de cette œuvre, Jean de Loisy s'entretient avec Stéphane Calais, artiste, et Sandra Adam avec Serge Lemoine, historien d'art, ancien directeur du musée d'Orsay.

Le regardeur : Yves Bonnefoy (1923-2016)

Doté d’une matière insaisissable et toujours changeante, le nuage est une manifestation naturelle qui a toujours captivé l’attention, que l’on pense à l’Atlas des nuages, recueil de photographies de la fin du XIXe siècle réalisé à des fins scientifiques ou à Baudelaire, s’extasiant devant les Beautés météorologiques peintes par Eugène Boudin pour le Salon de 1859. Sorte de rêve fait matière, le poète et critique d’art Yves Bonnefoy en fait un signe empreint de mystère et de profondeur, tout à la fois "phonème et souffle, matière et intériorité".

Deux étendues, l'une bleu azur, l'autre verte, séparées par une ligne où se nouent un autre bleu et du noir, qu'une trace de blanc irise mais vers le haut, centre qui va, matière soudain lumière, la masse rouge orangé du grand nuage.          
Yves Bonnefoy

Ce Nuage rouge est un "graphisme qui s’arrache du monde" nous dit Bonnefoy. Cette image plane semble en même temps révéler l’infini pour le poète qui y voit le combat incessant de la forme avec l’invisible, allusion au flottement de la parole poétique qui doit toujours voisiner avec l’innommable : "Même les couleurs du Nuage rouge, bleu du manteau de la Vierge, émeraude de l'alchimie, rouge dont Delacroix ensanglantait l'Idéal, sonnent là une fois de plus dans l'histoire les trois notes fondamentales de notre condition qui veut forcer ses limites."

Bibliographie

Intervenants
  • Artiste peintre et professeur à la Rijksakademie, Amsterdam
  • ancien directeur du musée d'Orsay, spécialiste de Mondrian, auteur
L'équipe
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