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Après Mauroy : forces et contradictions du socialisme aujourd'hui

49 min

Laurent Bouvet et Robert Lion
Laurent Bouvet et Robert Lion Crédits : Radio France

Celui qui mettait du bleu au ciel s’en est allé… Pierre Mauroy s'est éteint vendredi, à l'âge de 84 ans. Premier chef du gouvernement socialiste sous la Ve République, il fut un pilier du Parti socialiste, un homme au socialisme chevillé au cœur et ancré au corps, un des derniers héritiers de Jean-Jaurès, de Léon Blum ou encore de Léo Lagrange... Un socialiste pour qui « changer de société, c'est refuser l'illusion de la révolution ». Car, celui qui s’affirmait en adversaire du « verbalisme gauchiste » et du « terrorisme du dogme » était aussi un social-démocrate assumé. Réaliste rétif à l’idéologie, pragmatique et idéaliste, humaniste et volontaire, le géant du Nord incarna aussi la tension au cœur des politiques de gauche, sans cesse prises entre l’approfondissement démocratique et l’impératif gestionnaire. Trente ans après son départ de Matignon, alors que la gauche gouverne à nouveau et que le pays se débat toujours dans la rigueur, les termes de l’équation n’ont guère changé. Mais quelles leçons, quel héritage, Pierre Mauroy laisse- t- il à la gauche ? Qu’il faut rester uni, qu’il faut faire corps avec les classes populaires ? Au pied du mur des réalités et de la rigueur, les socialistes peuvent-ils porter un projet différent ? Dans son dernier discours au Sénat sur les conquêtes sociales de la France, à l’automne 2011, Pierre Mauroy, qui restera aux yeux du peuple de gauche une figure emblématique d’un temps disparu, n’affirmait-il pas : « Nous savons que les conditions ont changé mais ce n’est pas une raison pour effacer cette ligne de vie » …

Abolition de la peine de mort, retraite à 60 ans, décentralisation, nationalisations, lois Auroux donnant de nouveaux droits aux salariés, libération des ondes radiophoniques, dépénalisation de l’homosexualité, augmentation du smic de 10 %, augmentation du minimum vieillesse de 20%, des allocations familiales de 25%, réduction à 39 heures de la semaine de travail, instauration d'une cinquième semaine de congés payés, loi Lang sur le prix unique du livre : Pierre Mauroy se flattait d'avoir appliqué 96 des 110 propositions de François Mitterrand. « Si nous n'avions pas fait ces réformes, les gens nous auraient abandonnés. Nous aurions reproduit le schéma de 1936 » , disait-il. Alors que, pour certains socialistes, la gauche arrivée au pouvoir avec François Hollande commence par la rigueur de 1983 sans passer par le grand élan social et sociétal de 1981, que reste-t-il des années Mauroy qui fut aussi l’homme qui assuma le tournant de la rigueur ? La gauche moderniste a-t-elle coupé les ponts avec le socialisme de Blum et de Jaurès ? La social-démocratie est-elle l’avenir de la gauche ? Pour en parler ce soir, nous avons invité Robert Lion, conseiller régional Europe Ecologie-Les Verts en Ile-de-France et qui fut le premier directeur de cabinet de Pierre Mauroy. Il dialoguera avec Laurent Bouvet, professeur de théorie et d’histoire des idées politiques à l’Université de Versailles-Saint-Quentin et auteur notamment de Le Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme (Gallimard, 2012).

Intervenants
  • président d'Agrisud International, ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy, ancien président de la Caisse des Dépôts et Consignations
  • Politologue.
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