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Exception culturelle: la France est-elle réactionnaire ?

50 min

Réactionnaire ! Tel est le qualificatif vengeur employé par José-Manuel Barroso pour qualifier la victoire remportée par la France sur l’exception culturelle… En obtenant de la Commission Européenne qu’elle exclue l’audiovisuel du mandat des négociations sur un nouvel accord de libre-échange avec les Etats-Unis, la France, près de 20 ans après les accords du Gatt, et au terme d’un nouvel épisode épique de cette éternelle bataille d’Hernani, a de nouveau clamé la spécificité du secteur culturel… Une spécificité qui remonte à la fin de la seconde guerre mondiale, alors que le cinéma hollywoodien prenait son essor, et qui consiste à protéger la culture par des dispositions et des lois chargées de défendre la diversité. Une spécificité qui fait l’unanimité au sein de la classe politique qui, durant toute la semaine, a rappelé que, non! définitivement, la culture n’était pas une marchandise comme les autres que la mécanique du marché serait capable de prendre en compte. Bataille franco-française, nationalisme, corporatisme ou défense d’un véritable enjeu de civilisation ? Victoire politique ou victoire à la Pyrhus lorsque l’on sait que l’accord ne reste que provisoire, que derrière le chiffon rouge de l’exception culturelle se joue surtout le combat pour d’autres normes sociales et environnementales et que Barack Obama aurait menacé la France de représailles massives si l'exception culturelle était étendue aux nouvelles technologies… Rares sont ceux qui ont osé mettre les pieds dans le plat. Rares sont ceux qui ont osé remettre en cause « l’exception culturelle » européenne, s’opposer à la pétition des plus grands cinéastes emmenés par les Frères Dardenne. Il faut dire qu’en dénigrant l'accord au lendemain de sa conclusion, M. Barroso ne s’est pas comporté en gardien des traités, comme sa mission le lui impose. Il n’a été ni loyal ni respectueux. Mis à part les apparatchiks de Bruxelles, rares sont ceux qui osent émettre l’idée que la culture pourrait être une marchandise. Cet oiseau rare - et isolé - nous l’avons trouvé. C’est Corentin de Salle , juriste et philosophe, qui a publié une tribune remarquée dans Le monde intitulée : « la culture est aussi une marchandise ! ». La culture ne se réduit pas à une marchandise mais c'est aussi une marchandise, dit-il. Une création culturelle est produite par l'artiste qui peut-être diffusée en vertu d'une logique commerciale. En résumé, l’art, ce n’est pas la sécurité sociale. Et pourquoi faire une exception pour l’audio-visuel ou le cinéma alors que l’eau et la santé seraient soumises à la dure loi du marché ? Question que nous poserons également à Olivier Le Guay , responsable éditorial du Forum d’Avignon, un think tank inventé pour mettre en commun les réflexions autour de l’économie de la culture. Son slogan : la culture, c’est le futur. Et Olivier Le Guay préfère le mot de « diversité » que celui « d’exception » pour faire vivre sa singularité. Faut-il alors livrer la culture au libre-échange ou bien l’en protéger ?

Mais il ne sera pas question ce soir que d’exception culturelle, le Monde des idées se penche sur le député bashing, tandis que notre Tour du monde, en compagnie de Nicolas Bourcier , correspondant du Monde au Brésil, se projette à Rio où des dizaines de milliers de Brésiliens ont de nouveau manifesté samedi dans plus de 100 villes du pays, malgré les promesses de la présidente Dilma Rousseff.

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