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La rigueur peut-elle être un argument électoral?

58 min

Olivier Ferrand et Agnès Verdier-Molinié
Olivier Ferrand et Agnès Verdier-Molinié Crédits : Radio France

Du sang, de la sueur et des larmes? Voici les promesses du Premier ministre, François Fillon, qui présentait lundi son plan de rigueur, saison 2... 7 milliard d'Euros d'économie qui s'ajoutent au 11 milliards de la saison 1 d'août dernier... Il s'agit de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012, avec une prévision de croissance revue drastiquement à la baisse à 1% contre 1,75% auparavant. Accélération de la réforme des retraites, hausse ciblée de la TVA et de l'impôt sur les sociétés, la revalorisation de la plupart des prestations sociales gelée à 1% pour 2012, niches fiscales rabotées... Voici donc le programme des réjouissances.Mais il faut sauver le Triple A de la France. Comme disait Margaret Thatcher, « there is no alternative », il n'y a pas d'alternative. « Il s'agit d'éviter la faillite de la France » n'a pas hésité à marteler le Premier ministre. Sauf à risquer le sort de la Grèce, la France doit d'urgence réduire son train de vie, autrement dit adopter « la rigueur », qui est le nom poli de l'austérité.Mais jeudi, la panique était à son comble. Le spread, l'écart de rendement entre les emprunts français et les Bunds allemands, un indicateur que Nicolas Sarkozy a avoué « observer tous les matins », s'est creusé, tandis que l'Agence de notation, Standard and Poor's annonçait, par erreur, oui par erreur, la dégradation de la note de la France. Et François Hollande de déclarer « les marchés ont déjà anticipé" une dégradation de la note française. Et que décidément « la France est mal gérée .» Alors oui, à n'en point douter la rigueur sera bien un argument électoral... Et si l'UMP veut montrer que Nicolas Sarkozy est le seul capitaine courageux capable de sauver la France de la faillite, la gauche est sommée de démontrer qu'elle est capable de proposer, sans démagogie, une politique différente. « Un plan de rigueur, incohérent, injuste et inconséquent » a fustigé François Hollande... Mais faut-il en rester là ? Faut-il se résigner ? A quoi bon voter, si tout est déjà joué ? A quoi bon se mobiliser et s'engager si la droite comme la gauche n'ont qu'un programme à appliquer : la rigueur pour rassurer les marchés, puisqu'il n'y a pas d'alternative au capitalisme financier ? Ainsi l'élection de 2012 serait-elle déjà pliée. La rupture de Nicolas Sarkozy tant vantée n'aura été qu'une continuité avec la loi que les agences de notation lui auront dictée. Quant au « rêve français » de François Hollande, il se réduirait à une République du centre bien tempérée, dont le slogan pourrait être celui d'un célèbre programme télévisé : « Faut pas rêver ! ». Le « cercle de la raison » a donc triomphé. Le « cercle de la raison » théorisée au milieu des années 1990 par l'essayiste et homme d'affaire Alain Minc, conseiller actif du président Sarkozy. Mais attention, car la société se rebiffe contre le consensus, contre ce que le philosophe Cornélius Castoriadis appelait « l'ère du conformisme généralisé ». Des économistes, et non des moindres, se disent atterrés par cette réduction de la pensée politique. Des partis souverainistes, gaullistes, gauchistes, extrémistes ou radicaux défendent sérieusement une sortie de l'euro. Alors, le sauvetage de triple A français va-t-il mobiliser les foules démocratiques qui se sont déplacées pour la primaire socialiste très largement promu par Olivier Ferrand qui préside le Think tank Terra Nova et qui a récemment publié L'Etat pyromane aux éditions Delavilla ? Faut-il même aller plus loin pour sauver ce fameux AAA, comme le souhaite Agnès Verdier-Molinié , qui dirige l'IFRAP, la Fondation pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques, et notamment plafonner les aides sociales, réduire le nombre d'agents publics et le nombre d'élus ?Mais, il ne sera pas seulement question, ce soir, que de rigueur, d'austérité et de triple A... Les Retours du Dimanche s'indignent dans la « vie des Idées » contre la Société des Rentiers... Enfin, notre "Tour du monde" prospectif se projette en Espagne, à une semaine des prochaines élections législatives en compagnie de la journaliste du Monde Cécile Chambraud.

Intervenants
  • Essayiste, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP)
  • Président fondateur du Think tank Terra Nova
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