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Le droit de vote des étrangers

58 min

Droit de vote des étrangers
Droit de vote des étrangers Crédits : Radio France

Des demandeurs « qui fraudent » et des étrangers « en trop », Claude Guéant s'en est pris, encore cette semaine, à tout ce qui n'est pas Français, au point d'obtenir, une fois de plus, les félicitations d'une Marine Le Pen hilare de voir la majorité marcher sur ses plates bandes. Il faut dire que la proposition de loi sur le droit de vote des étrangers hors Union européenne aux élections municipales, remis au goût du jour par un Sénat passé à gauche, et qui doit être examiné en séance publique le 8 décembre, réveille de vieilles querelles, de vieux clivages, de vieux fantasmes à cinq mois des élections présidentielles. La gauche majoritaire au Sénat, pense avoir l'occasion historique de faire enfin adopter une promesse de campagne de François Mitterrand. La 80e des 110 propositions de 1981, restée lettre morte par crainte de heurter l'opinion publique ...... Mais la droite, l'UMP en tête, reste profondément hostile à une extension de la citoyenneté à des résidents étrangers. Même Nicolas Sarkozy, qui depuis 2001 s'était toujours déclaré favorable à cette ouverture, a fait cette semaine volte face en jugeant cette proposition « hasardeuse » car selon lui « le droit de voter et le droit d'être élu doit demeurer un droit attaché à la nationalité française. Et pourtant les mentalités ont évolué et si on juge les sondages, deux Français sur trois, soit plus de 60% seraient sont désormais favorables à une extension de la citoyenneté à des résidents étrangers hors Union Européenne. Mais au-delà de la polémique politicienne, de la possible instrumentalisation politique dans un contexte électoral, cette question des droits politiques des étrangers pose aussi celle de l'évolution du droit de la nationalité et nous interroge sur le sens que nous souhaitons donner aux notions de citoyenneté et de nation. Car si « Faire société » reste la question, plusieurs modèles, à l'heure de la mondialisation et de l'Europe politique, restent possibles. Oui et Selon le député Noël Mamère et la sénatrice Europe-Ecologie Les verts Esther Benbassa qui portera le projet de loi au Sénat ce droit de vote des étrangers est sacrifié par la droite sur l'autel d'un nationalisme d'un autre temps. Or nous sommes entrés dans une ère post-nationale, où la citoyenneté ne peut plus être l'apanage des seuls nationaux. L'intégration, tout le monde en parle ! Mais il faut pour cela que la société d'accueil s'engage, de son côté, à « intégrer ». Or l'octroi du droit de vote serait, de ce point de vue, un acte positif. Erreur, s'emporte à droite Arno Klarsfeld, Président du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) : erreur car le vote est inscrit depuis la Révolution française dans un rapport étroit, intime, avec la citoyenneté. Les ressortissants de l'Union européenne votent, parce qu'ils sont citoyens européens. Si l'intégration était une réussite, il serait tentant de dire oui au droit de vote des étrangers, mais elle ne l'est pas encore. D'autant qu'une vague fondamentaliste traverse le monde musulman et touche aussi par endroits le territoire français. Voulons-nous des listes fondamentalistes aux élections dans certaines municipalités, s'interroge sans fard Arno Klarsfeld ?Pour prendre du recul et donner de la profondeur à ce débat hautement sensible, nous avons invité la sociologue Dominique Schnapper, directrice d'étude à l'École des hautes études en sciences sociales et qui a été membre du Conseil constitutionnel entre 2001 et 2010, à venir en discuter avec nous. Auteur de nombreux ouvrages, elle a notamment publié aux éditions Gallimard, La Démocratie providentielle . Nous avons également convié le philosophe Michel Feher qui préside l'Association Cette France-là qui s'était notamment fait connaître en 2007 par une campagne d'affichage composée d'une galerie de portraits d'étrangers expulsés de France. Il a dirigé Cette France-là aux éditions La Découverte (2009), deux imposants ouvrages collectifs de contre-expertise pour dresser un état des lieux annuel de la politique d'immigration choisie par le chef de l'État, notamment à travers quatre-vingt histoires de personnes ayant fait l'objet d'une mesure d'éloignement.Mais, il ne sera pas seulement question, ce soir, que du droit de vote des étrangers, Les Retours du Dimanche se penchent dans la « vie des Idées » des pages Débat du Monde sur la nouvelle germanophobie française. Enfin, notre Tour du monde prospectif se projette en Egypte, en compagnie de Benjamin Barthe , journaliste au Monde, ou le deuxième tour des élections législatives devraient avoir lieu demain.

Intervenants
  • Philosophe, co-fondateur de la maison d’édition new-yorkaise "Zone Books".
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
L'équipe
Production
Réalisation
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