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L'écologie politique est-elle vouée à l'échec?

58 min

“Somme nous en plein calvaire vert ?” “Y aura-t-il encore un écolo à Noël ?” Questions sans doute provocatrices que posait, cette semaine, en Une, le quotidien Libération, comme pour mieux stigmatiser les coup de tête et les couacs d’Eva Joly, candidate “déclarée” inadéquate pour avoir “douté” publiquement de “l’accord de mandature” que les siens avaient dûrement négocié avec le Parti socialiste... “J’ai parfois la langue râpeuse” a-t-elle été contrainte de déclarer.... un acte de contrition à l’égard des siens mais aussi de François Hollande... Tout cela parce qu’elle avait mystérieusement disparu en Charente, tout cela parce que cet accord ne la “faisait pas rêver”, tout cela parce qu’elle n’avait pas voulu dire d’emblée qu’elle appelerait à voter pour le candidat socialiste au second tour.... Alors, fallait-il au nom de “l’axe moral”, ne rien céder aux socialistes sur le Nucléaire, au risque d’apparaître comme un parti incapable de mener à la fois la bataille des idées et des urnes ? Pour l’avoir tenté Eva Joly est apparue à la fois légère et dogmatique...Et selon un sondage 20mn/BVA, 61% des Français souhaitent qu’elle se retire de la course à la présidentielle..... Tout cela pour cela....Mais il n’empêche, les tiraillements au sein du parti Europe Ecologie les Verts, la démission du porte-parole d’Eva Joly, les sondages qui stagnent à 4%, ont faire resurgir le spectre d’un parti gauchiste et sectaire, divisé, indiscipliné, amateur, rétif à s’inscrire dans la conquête du pouvoir....Après 40 années d’existence dans l’espace public, on croyait les écologistes devenus adultes, prêts au compromis avec l’allié socialiste pour battre la droite et enclencher la transition écologiste... Mais en dépit de leur transformation en parti moderne avec la création d’Europe Ecologie les Verts en 2010, en dépit de leur succès électoraux aux européenes et aux régionales, une question persiste : Les écologistes sont ils désormais implantés comme second pilier de la gauche, où entrent-ils dans une nouvelle crise ? Tiraillés entre leur désir d’exister politiquement et le risque de banalisation que leur fait courir l’alliance avec le PS, que veulent-ils exactement? La pensée écologiste est-elle condamnée à la marginalité ? Ce courant reste méconnu, est largement caricaturé par ses opposants qui, tel notre président, les renvoient systématiquement à l’âge des Cavernes, ou au catastrophisme de la deep ecology, comme le disait le philosophe Luc Ferry dans le Nouvel Ordre écologique – c’était en 1992 - suivi tout récemment par l’écrivain Pascal Bruckner dans son pamphlet Le Fanatisme de l'Apocalypse : sauver la Terre, punir l'homme (Grasset). L’écologie, ce serait l’éclairage à la bougie, mais aussi Vichy et son retour à la terre, voire même les nazis puisque les disciples d’Hitler ont en effet été relativement pionniers en matière.C’est oublier que l’écologie est née au moins avec Jean-Jacques Rousseau et les Romantiques français et allemands qui voulurent contrecarrer la toute puissance des Lumières et la raison instrumentale qui prétendaient arraisonner la Terre, se conduire, comme disait Descartes après Dieu, en maître et possesseur de la Création. C’est oublier que l’écologie politique est issue d’une longue lignée de pensée impossible à détailler où l’on compte aussi bien le géographe anarchiste Élisée Reclus, le philosophe allemand Günther Anders, disciple puis adversaire éminent de Martin Heidegger, qui fut l’un des premiers à saisir la portée de l’effroi nucléaire, Hans Jonas, André Gorz ou plus récemment Michel Serres qui proposait à ses contemporains de signer un « contrat naturel », suivi par le sociologue Bruno Latour et sa « politique de la nature ». Sans oublier Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, René Dumont ou Edgar Morin.Grande lignée, belle descendance. Tant de combats intellectuels et de luttes politiques pour troquer l’arrêt d’une centrale nucléaire dernière génération contre un poste éligible à Paris ou une autre circonscription ? Alors vivons sous la dictature de la peur millénariste ou sommes-nous contraints d’inventer une nouvelle politique de civilisation ? Faut-il aller vers la décroissance ou poursuivre l’industrialisation du monde ? Telles sont les questions que nous allons poser à Agnès Sinaï , qui est journaliste environnementale, enseignante à l’IEP de Paris, co-auteur avec Jacques Testart et Catherine Bourgain de Labo planète et à Jean de Kervasdoué , économiste de la santé, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Et qui vient de publier La peur est au-dessus de nos moyens . Mais il ne sera pas seulement question ce soir que des déboires politique des écologistes, Les Retours du Dimanche se penchent dans la “vie des Idées” sur débat qui oppose Rony Brauman à Bernard Henri Lévy à propos de la légimité de l’intervention des forces de l’OTAN en Libye .Enfin, notre Tour du monde prospectif se projette, en compagnie de Laurence Caramel , journaliste au Monde et chef adjoint du service Planète, au sommet de Durban sur le changement climatique....

Intervenants
  • ingénieur agronome, ingénieur des ponts et des forêts, membre de l'Académie des technologies et professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers
  • Journaliste, enseignante à Sciences Po
L'équipe
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Réalisation
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