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Républicains américains : à droite toute ?

48 min

Mitt Romney
Mitt Romney Crédits : Radio France

“I am what I am”.... “Je suis ce que je suis”, non, ce n’est pas Popeye, le célèbre mangeur d’épinard qui vous parle, mais Mitt Romney, désigné candidat des républicains à la présidentielle durant la convention républicaine... cette grande messe du Grand Old party, qui s’est tenue cette semaine à Tampa en Floride... Opération séduction pour le mormon, qui jusqu’à présent n’était parvenu à séduire ni les électeurs, ni l’aile droite de son parti... Alors, avec le renfort de sa femme Ann Romney qui a “parlé d’amour”, de son colistier l’ultralibéral, Paul Ryan, qui a annoncé que la lourde main de l’Etat allait s’effacer devant, celle, miraculeuse du marché, Mitt Romney a beaucoup promis. Elu, il réduira de 500 milliards de dollars chaque année les dépenses publiques tout en abaissant les impôts de tous... L'emploi repartira, 12 millions d’emplois seront créés en 4 ans, et la puissance de l'Amérique, phare du monde, rayonnera de nouveau... Mais le programme du Parti républicain, adopté par la convention de Tampa, "Croire en l'Amérique", n’est pas seulement ultra-libéral, il est aussi réactionnaire sur le plan sociétal - sur l'immigration, la contraception, l’avortement, le mariage gay, l'écologie, le port d'armes... Alors, que traduit cette inflexion conservatrice du parti républicain ? Reflet de l'évolution des inquiéttudes d’une partie importante de la société américaine, influence des Tea party ?

Mais si la droite revient, c’est que la gauche déçoit. Si les conservateurs retrouvent des couleurs, c’est parce que les démocrates peinent. Ils peinent à lutter contre le chômage et le sentiment de déclassement, notamment de la grande classe moyenne. Dans Barak Obama, la grande désillusion (Plon, 2012), l’historien André Kaspi , qui est notre invité ce soir, explique que le bilan du président américain est contrasté. Et l’opinion publique est profondément divisée. « Bien des américains ont cru élire un prophète et découvrent que Barack Obama est un homme normal », nous dit André Kaspi, qui publie également, avec Hélène Harter, Les présidents américains, de Washington à Obama (Taillandier). Face à lui, une droite dure prospère et gagne du terrain, une droite qui n’hésite pas a jouer la carte raciale, explique James Cohen, professeur d’études américaines à l’université Paris-III. Lui aussi invité des Retours du dimanche , James Cohen est l’auteur d’un livre à paraître dont le titre résume le programme d’une droite « blanche » qui se sent menacée par une Amérique devenue à ses yeux trop latino-américaine. Son titre : A la poursuite des « illégaux » . Acteurs et politiques anti-immigrés aux Etats-Unis (qui sortira aux éditions du Croquant). Après une campagne présidentielle française marquée par le débat autour de la droitisation de l’UMP, un débat sur la droitisation des conservateurs américains.

Et pour compléter le tour d’horizon, ce soir, la vie des idées, qui agitent les pages débats du monde se penche sur le mormonisme du candidat républicain..., tandis notre tour du monde , se projette, en compagnie de Sylvain Cypel , Correspondant du journal le Monde à New-York, à la convention démocrate de Charlotte en Caroline du Nord.... qui démarre mardi.

Intervenants
  • spécialiste des questions migratoires aux Etats-Unis, professeur à l'Institut du monde anglophone de l'université Sorbonne Nouvelle-Paris 3
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