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Syrie : pourquoi les démocraties protestent-elles sans agir ?

45 min

Plus de 14 millions de Syriens appelés aujourd’hui à se prononcer par référendum sur une nouvelle Constitution qui supprime la prééminence du parti Baas mais maintient de très larges prérogatives au chef de l'Etat. Une télévision d'Etat qui montre, sans retenue, des images de Syriens se rendant dans des bureaux de vote pour y déposer leur bulletin dans les urnes...comme si de rien n’était... Une mascarade...Un simulacre... Un processus pour le moins étrange, alors que depuis onze mois, des “rivières de sang”, se répandent dans les villes assiégées, faisant depuis mars dernier, plus de 7600 victimes. Oui, la violence s'intensifie jour après jour, en Syrie et la “loi du massacre” est de nouveau mise en oeuvre....30 ans après le soulèvement de Hama et sa terrible répression par Hafez Al-Assad. Cette fois, elle sévit à Homs où le régime de Bachar Al-Assad a ordonné le pilonnage à l'artillerie lourde de l'insurrection populaire. Femmes, enfants, vieillards, tous sont pris dans un piège terrible, tandis que les journalistes, ces témoins du temps présent, sont eux aussi délibéremment visés. L’américaine Marie Colvin et le Français Rémi Ochlik ont payé de leur vie, cette semaine, pour avoir avoir voulu rendre compte au monde de cette loi du massacre. Et depuis 11 mois, Bachar El Assad n’a rien cédé. L'ONU est impuissante, paralysée par le veto russe et chinois. La communauté internationale est atone. Et la conférence des amis de la Syrie réunissant, vendredi, à Tunis, une soixantaine de ministres des Affaires étrangères n’a été, pour l’heure, d’aucune aide au peuple Syrien... Hier encore, près de plus de 90 personnes ont été tuées par les forces syriennes et l’évacuation des blessés était toujours rendue impossible par les autorités...Comment aider le peuple syrien ? Comment stopper un régime despotique qui a du sang sur les mains ? Comment agir alors qu’une partie de la communauté internationale, à commencer par la Russie, semble s’en laver les mains ? Faut-il intervenir en Syrie comme l’OTAN l’a fait en Libye ? Faut-il recourir à la « responsabilité de protéger », cette résolution adoptée par l'ONU en 2005, qui permet d'intervenir si une population est menacée ? Faut-il imposer par la force des corridors humanitaires qui permettraient aux ONG d'atteindre les zones où se déroulent les massacres ? Ancien président de Médecins sans Frontières, Rony Brauman , qui est notre invité ce soir, estime qu'on ne peut pas « imposer par la force » des corridors humanitaires. Pas plus qu’on ne peut « imposer par la force » la démocratie. Comme en témoigne selon lui la situation en Lybie. Il refuse l'idée même de « guerre humanitaire », cet oxymoron, cet alibi des va-t-en-guerre. Auteur de Penser dans l'urgence (Seuil, 2006), engagé depuis 1977 dans l'aide internationale, il est devenu un critique écouté de la « démagogie compassionnelle ». Rony Brauman dialoguera ce soir avec Samir Aïta , économiste, président du Cercle des économistes arabes, le Rédacteur en chef du Monde diplomatique édition arabe, auteur d’un essai sur Les Travailleurs arabes hors-la-loi (L’Harmattan, Paris, 2011). Samir Aïta qui déclarait en août que « Jamais des sanctions économiques, et l’expérience de l’Irak le prouve, n’a amené une chute du régime, comme le déclarent les intentions de l’administration américaine. » Alors quelles sont les mesures qui permettront d’en finir avec ce chaos sanglant ? Un débat urgent et nécessaire.

Syrie
Syrie Crédits : Radio France
Intervenants
  • Directeur d’études à la fondation Médecins Sans Frontières, essayiste
  • économiste, rédacteur en chef et directeur général de l’édition arabe du Monde Diplomatique, président du Cercle des économistes arabes, directeur général de A Concept/Mafhoum, une société de conseil en économie et technologies de
  • Président de la Syrie
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