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Nicole Kidman dans le film Mise à Mort du Cerf Sacré

Cinéma punitif

2 min
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Le jour d’avant les festivités de ses 70 ans, le Festival de Cannes persiste à punir ses spectateurs avec « Mise à mort du cerf sacré », de Yorgos Lanthimos. Pour se remettre, il y a heureusement « Le jour d’après », du toujours très prolifique Hong Sang-soo.

Nicole Kidman dans le film Mise à Mort du Cerf Sacré
Nicole Kidman dans le film Mise à Mort du Cerf Sacré

C'est un genre en soi : on pourrait l'appeler le "cinéma punitif". Il punit ses personnages, comme ses spectateurs, d'une faute morale inexpiable. Après Michael Haneke et son déjà éprouvant "Happy End", le Festival de Cannes, à la veille de fêter ses 70 ans, persistait hier dans ce genre qu’il affectionne avec "Mise à mort du cerf sacré", du Grec mondialisé Yorgos Lanthimos, un film tourné à Cincinnati, dans l'Ohio, avec Colin Farrell, déjà présent dans "The Lobster", du même Lanthimos, et Nicole Kidman, LA star du Festival cru 2017, avec pas moins de 4 films présentés sur la Croisette. Ils jouent tous les deux un couple de médecins aisés, deux enfants. Un garçon étrange s'immisce dans leur bonheur pour faire payer une dette de sang : son père est mort sous le bistouri malhabile du chirurgien, alors porté sur la boisson. Mais comme il est aussi aimable que pervers, il lui laisse le choix : un membre de sa famille doit mourir, à lui de le désigner. Et comme d'habitude depuis le début du Festival, étrange tendance, c'est l'enfance qui va se retrouver maltraitée, et le spectateur avec. Gros plan sur une opération à cœur ouvert, suspense malsain, effets de mise en scène ostentatoires et musique tonitruante, autant de démonstrations de force visant à nous faire payer on ne sait quoi.

"Rien n’est grave, tout est merveilleux"

Photo du film Le Jour d'après
Photo du film Le Jour d'après Crédits : a

Heureusement, dans une plus grande discrétion (il n'a eu droit qu'à une projection hier quand Lanthimos en infligeait trois), on s'est réconcilié avec l'humanité devant "Le Jour d'après", le film en compétition du Coréen Hong Sang-soo, le plus prolifique des cinéastes artisanaux : il était en compétition à Berlin avec un déjà très beau "On the Beach at Night Alone", il présente également le très malicieux "La Caméra de Claire", tourné l'an dernier à Cannes pendant le Festival avec Isabelle Huppert. En digne continuateur d'Eric Rohmer, Hong Sang-soo propose au spectateur de démêler un conte moral, construit comme un puzzle dans un magnifique noir et blanc. "Rien n'est grave, tout est merveilleux", entend-on dire dans "Le Jour d'après". Au cinéma, tout dépend évidemment de qui est derrière la caméra.

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