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Good time

Fratries

2 min
À retrouver dans l'émission

"Good Time" et "L’Amant double", deux histoires de frères, deux films de genre, inspirés chacun par de glorieux aînés : Martin Scorsese et Sidney Lumet d’un côté, Brian De Palma et David Cronenberg de l’autre. Et pourtant, mais en doutait-on ?, les frères Safdie et François Ozon n’ont rien à voir...

Good time
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Le Festival de Cannes est une vieille dame : pensez, 70 ans au compteur, et parfois, cela se sent. On attendait donc avec impatience un coup de jeune dans la compétition, et c'est chose faite avec les frères Safdie, 33 et 31 ans. Josh et Benny Safdie, les cinéphiles les connaissent, depuis 2008 avec "The Pleasure of Being Robbed", puis ensuite "Lenny and the Kids" et "Mad Love in New York", des films fauchés, ultra indépendants, sur l'univers des marginaux new-yorkais, dans une filiation assumée avec leurs aïeux John Cassavetes ou Jerry Schatzberg. Avec "Good Time", on est plutôt du côté de Sidney Lumet et Martin Scorsese, entre "Un après-midi de chien" et "After Hours". Ce pourrait être des références écrasantes, mais les frères Safdie en gardent surtout l'énergie, pour cette histoire survoltée de braquage raté par deux petits délinquants médiocres, des frères là encore, et la cascade d'avanies qui en résulte. Tourné avec frénésie dans le quartier rarement filmé du Queens, écrit sur mesure pour la star Robert Pattinson, qui après "The Lost City of Z" de James Gray se révèle un acteur extraordinaire et habité, et peut sérieusement prétendre à ce titre à un très mérité Prix d'interprétation lors du palmarès dimanche, enfiévré par une bande originale qui rentre en permanence en collision avec ce qu'on voit à l'écran, "Good Time" prouve qu'en revenant aux sources et au geste du meilleur cinéma américain des années 70, on peut être furieusement d'aujourd'hui.

Gynécologie

L'Amant Double : Photo Jérémie Renier, Marine Vacth
L'Amant Double : Photo Jérémie Renier, Marine Vacth Crédits : Mars Films

« L’Amant double » de François Ozon s'inscrit lui aussi très clairement dans une filiation cinématographique, celle des grands films d'horreur sur la gémellité maléfique, les "Sœurs de sang" de Brian De Palma et autres "Faux-semblants" de David Cronenberg. Mais ça ne suffit pas. Image très léchée, tentatives de choquer, mais pas trop, avec des plans gynécologiques et autres sex-toys qui ont beaucoup fait rire les spectateurs en projection de presse, dialogues maladroitement lourds de sens, "L'Amant double", adapté très librement par François Ozon d'un roman de Joyce Carol Oates, se voulait un thriller psychanalytico-érotico-fantastique enfiévré. Il se révèle une vision convenue, et même assez déplaisante, de l'hystérie féminine. N'est pas De Palma ou Cronenberg qui veut...

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