LE DIRECT
Photo Jaden Michael et Oakes Fegley

Merveilles et transcendance

2 min
À retrouver dans l'émission

Les grandes tendances du 70e Festival de Cannes se dessinent : des enfants disparaissent, et des réfugiés se pressent aux portes de l’Europe. C’est encore le fantastique qui reste le genre le plus approprié pour traiter de ces questions…

Photo Jaden Michael et Oakes Fegley
Photo Jaden Michael et Oakes Fegley Crédits : Metropolitan FilmExport

La programmation des films à Cannes, c'est tout un art. Celui de Thierry Frémaux, le délégué général, c'est de faire résonner des films entre eux. Après "Faute d'amour", d'Andreï Zvyagintsev, c'est donc encore une histoire de disparition d'enfant qui nous a été proposée avec le nouveau film de l'Américain Todd Haynes, "Wonderstruck", adapté d'un livre jeunesse de Brian Selznick, l'auteur d'"Hugo Cabret". Là ce sont deux enfants qui disparaissent, volontairement, puisqu'ils fuguent de chez eux pour retrouver, l'une sa mère, l'autre son père. Petit détail : ils sont sourds tous les deux, et leurs histoires, entremêlées par le montage, se déroulent à cinquante ans d'écart, en 1927 et 1977. Todd Haynes, on le sait depuis "Loin du Paradis", ce pastiche de mélo flamboyant à la Douglas Sirk, est toujours tenté par le maniérisme. Il s'en donne à cœur joie ici, singeant tout ensemble le cinéma muet et le Nouvel Hollywood, pour finir par de l'animation low tech à la Michel Gondry. On vous avoue ne pas avoir été frappé par la foudre et les merveilles que promet le titre, tant le film est laborieux et lourdement explicatif. Côté enfants disparus, on aura été beaucoup plus séduit par le film qui a fait l'ouverture de la section parallèle qu'est la Semaine de la Critique. Il est signé de deux jeunes Siciliens, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, c'est "Sicilian Ghost Story", une histoire de fantômes siciliens. Adapté d'un fait divers sordide, où un fils de repenti avait été enlevé, torturé et assassiné par la mafia, c'est avant tout un film d'amour fou, plus fort que la mort, aux accents oniriques, surréalistes et franchement fantastique, voilà une vraie merveille.

Le réfugié volant

La Lune de Jupiter
La Lune de Jupiter Crédits : Pyramide Distribution

Si Jésus revenait sur terre, il le ferait sans doute dans la peau d'un réfugié syrien. C'est en quelque sorte ce que nous raconte le Hongrois Kornel Mundruczo, avec "La Lune de Jupiter", projeté en compétition aujourd'hui. Un réfugié syrien qui va se découvrir des pouvoirs de lévitation après avoir été abattu par un policier des frontières. Et c'est toute une société obsédée par le profit immédiat, incapable de discerner un miracle, qui va se retrouver cul par-dessus tête. Malgré quelques lourdeurs explicatives, là encore, Kornel Mundruczo a sans doute trouvé là la forme idéale pour représenter la crise morale que traverse l'Europe. Ou comment, dans notre monde d'horizontalité, s'exprime un grand besoin de verticalité, pour ne pas dire de transcendance.

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......