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Louise Labé, gravure de Pierre Woeiriot (1555)

Sur les traces de la poétesse Louise Labé, à Lyon

3 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, nous partons sur les traces de Louise Labé, poétesse lyonnaise aussi célèbre que mystérieuse.

Louise Labé, gravure de Pierre Woeiriot (1555)
Louise Labé, gravure de Pierre Woeiriot (1555) Crédits : BNF

Nous sommes dans le Lyon de la Renaissance, il y a presque cinq siècle. La ville est effervescente, prospère, et violente. Les poètes lyonnais sont déchainés. Ils décrivent par exemple leur ville comme le lieu des amours entre deux fleuves : la Saône et le Rhône. Ils vénéraient aussi la colline de Fourvière, bien avant qu’elle soit percée par un tunnel, car c’était le lieu du forum de Vénus, le "forum veneris"qui a donné le nom "Fourvière".

Poétesse adulée et mystérieuse

Si chaque lieu possède ses légendes, on peut dire que Louise Labé est une des grandes légendes de Lyon, à la fois lumineuse et énigmatique. On trouve ses traces dans tout le vieux Lyon. Une des choses incroyables de son œuvre, est qu'à côté des poèmes qu'elle a elle-même signés, on trouve toute une cohorte de poèmes écrits par d’autres, à sa louange et à sa gloire. Comme si la légende lyonnaise de Louise Labé était immédiate, et immédiatement célébrée dans et par toute la ville.

Une biographie publiée il y a une quinzaine d'année a même soutenu que "Louise Labé" était une créature de papier, un nom d'emprunt derrière lequel se cacherait tout un gang de poètes lyonnais garçons et trompeurs, emmené par Maurice Scève. Cette thèse, largement discutée par la communauté universitaire, n'a toujours pas été confirmée.
 

La Sappho de Lyon

On sait assez peu de choses de la biographie de Louise Labé, mais on sait que son destin est inséparable de celui de Lyon. On l'a désignée sous bien des qualificatifs : la "nymphe du Rhône" ou la "Sappho de Lyon". Elle était la fille d'un artisan cordier illettré, raison pour laquelle on l'a surnommée la "belle cordière", sobriquet péjoratif, car c'était une manière de la désigner comme roturière, voire pire : courtisane ou fille publique. Il y a d'ailleurs une rue Bellecordière à Lyon dans le 2ème arrondissement. Elle a vécu et hanté les alentours de la place Bellecour, à l'époque où celle-ci était un pré en friche, un espace naturel au beau milieu de la ville. Et elle a fréquenté la cathédrale Saint-Jean dans l'actuel vieux Lyon. Elle ne quittera sa ville natale que devant les guerres de religion qui s’abattent dans les années 1560.
 

La place Bellecour, à Lyon, en 2020
La place Bellecour, à Lyon, en 2020 Crédits : Jeff Pachoud - AFP

On sait qu’elle a fréquenté le milieu des ateliers d'imprimerie lyonnais, extrêmement dynamique à l’époque, notamment celui de Jean de Tournes, situé dans l’actuel rue Jean de Tournes, toujours dans le deuxième arrondissement. C’est chez cet imprimeur qu’a été publié son seul livre en 1555 : sous le titre "Œuvres de Louise Labbé, lyonnaise". Une œuvre brève dont la publication a été autorisée par un privilège du roi, ce qui relève du petit miracle pour une femme à l'époque. Un livre très divers dans sa forme : on y trouve des poèmes, un dialogue entre l'Amour et la Folie, et surtout une épitre tout à fait extraordinaire où elle exhorte les femmes à lâcher la quenouille et le fuseau pour écrire et faire de la littérature.

Elle écrit dans le même texte :

Le passé nous réjouit, et sert plus que le présent, mais les plaisirs des sentiments se perdent immédiatement, et ne reviennent jamais, et quelquefois la mémoire en devient aussi fâcheuse que le souvenir en a été délectable.

Manière de dire que le passé nous est toujours agréable et que le présent se brûle lui-même et nous avec. Elle formule ici un éloge du travail de l'écriture qui permet de revivre et de transformer les souvenirs amers en doux souvenirs parfois. Un éloge des traces du temps passé, comme celles qu’elle a laissé dans sa ville.

Musique : Jakub Józef Orliński, Purcell, Music for a While, Z. 583

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