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Pointe des Poulains

La côte sauvage de Sarah Bernhardt à Belle-Île-en-Mer

3 min
À retrouver dans l'émission

L'actrice et peintre Sarah Bernhardt a découvert Belle-Ile en 1894, elle y achète un ancien fortin militaire qui deviendra sa maison.

Pointe des Poulains
Pointe des Poulains Crédits : Bernard Annebicque - Getty

Aujourd'hui, on se rend sur une île bretonne, au large de la baie de Quiberon. A la pointe des Poulains, soit le point le plus au nord de Belle-Île-en-mer. Là-bas, sur un terrain accidenté et pelé, de landes et de rochers, se dresse un fort  et un phare. On y part à la recherche d'une voix.
 

Cette voix est celle de l'actrice Sarah Bernhardt qui lit "Un peu de musique" poème de Victor Hugo, un enregistrement qui date du début du XXème siècle. Sarah Bernhardt, comédienne, star et icône Art Nouveau, a possédé un certain nombre de maisons, mais celle qui nous intéresse ce matin est située à Belle-Île-en Mer, sur une côte sauvage.
 

 Sarah Bernhardt, Madame Graus et Raynaldo Hahn à Belle île
Sarah Bernhardt, Madame Graus et Raynaldo Hahn à Belle île Crédits : Bernard Annebicque - Getty

La Bretagne n'était pas étrangère à l'actrice puisqu'elle a passé sa toute petite enfance à Quimperlé, dans le Finistère. Entre un père parti en voyage qu'elle ne verra jamais et une mère absente, elle a été élevée par une nourrice bretonne. Elle écrit à propos de la région : 

C'est loin la Bretagne, même à notre époque de vélocité. C'était alors le bout du monde. Sarah Bernhardt

Mais c'est bien plus tard, loin de l’enfance, aux alentours de la cinquantaine, qu'elle découvre Belle-Île, très précisément en 1894, avec son ami et peintre, George Clairin. A l'époque, le lieu devait être assez désolé, et peu visité par les humains. Et c'est l'aspect sauvage du site qui a dû la fasciner. Elle note, dans ses mémoires publiés en 1907 sous le titre Ma Double Vie

La Bretagne, il y a trente-cinq ans, était sauvage, inhospitalière, mais aussi belle, peut-être plus belle que maintenant, car elle n'était pas sillonnée de routes carrossables; ses flancs verts n'étaient pas tachés de petites villas blanches ; ses habitants, les hommes, n'étaient pas affublés de l’abominable pantalon moderne, les femmes, du miséreux petit chapeau à plumes. Sarah Bernhardt

Pointe des Poulains
Pointe des Poulains Crédits : Bernard Annebicque - Getty

À quoi ressemble la maison de Sarah Bernhardt ?

Pas véritablement à une maison, ni à un palais d’actrice, mais plutôt à un fort. L’artiste tombe en effet sous le charme d’un fortin militaire désaffecté et abandonné par l'armée. Comme une place forte qui défendrait l'avant-poste d'une île face à d'hypothétiques ennemis venus de la mer. Elle achète donc le fort et le transforme en demeure habitable, puis elle l'augmente de plusieurs maisons supplémentaires aux alentours, et elle va même jusqu’à racheter le phare qui surplombe la mer. Elle s'y rend fidèlement tous les étés jusqu’à sa mort en 1923, entre ses tournées internationales. On raconte qu'on y mena la grande vie et la bamboche, avec des invités prestigieux comme le roi d'Angleterre...
 

Au-delà de l'anecdote, ce que je trouve très beau dans le fort de Bernhardt est son inscription dans le paysage, l'espèce de fusion minérale entre la maison et les rochers de la côte battue par les vents. Car on oublie souvent que Sarah Bernhardt, en plus d'être actrice, fut aussi une peintre et sculptrice, elle raconte ainsi dans son autobiographie des séances de peinture devant les paysages bretons.

Pointe de Poulains
Pointe de Poulains Crédits : Bernard Annebicque - Getty

Et on se dit que c’est aussi sûrement l’aspect pictural du lieu qui a retenu son attention. Le fort, aujourd’hui musée Sarah Bernhardt fut une maison habitée par un regard de peintre. La bâtisse est d'ailleurs passée en 2000 sous le contrôle du Conservatoire du Littoral, ce qui témoigne de l'intérêt à la fois culturel et naturel du lieu. 

Dans ses mémoires, elle raconte aussi une promenade acrobatique, entre la pointe du Raz et la baie des Trépassés. Elle écrit : 

Il ne me restait que cinq jours de congé ; je les passai à la pointe du Raz, assise dans une encoche de rocher qu'on a surnommée "le fauteuil Sarah Bernhardt". Bien des touristes s'y sont assis depuis. Sarah Bernhardt

Sous la phrase de la diva amusée, on peut aussi lire une manière pour l’actrice de s’inscrire et de laisser son nom dans le paysage. 

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