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L'église Saint-Pierre et le stade de Firminy

Un morceau de ville du Corbusier à Firminy

4 min
À retrouver dans l'émission

Dans le département de la Loire, à Firminy, on trouve un stade, une église, un logement et une maison de la culture tous signés Le Corbusier. C'est le groupe de bâtiments créé par l'architecte le plus vaste d'Europe.

L'église Saint-Pierre et le stade de Firminy
L'église Saint-Pierre et le stade de Firminy Crédits : Philippe Desmazes - AFP

Quel lien peut-on imaginer entre une église, un stade, une maison de la culture et un immeuble de logement horizontal ? La réponse se trouve, en béton, dans la ville de Firminy.

Centre-ville béton

Firminy, c'est une commune toute proche de Saint-Etienne, dans le département de la Loire. Et c'est là qu'on trouve la plus grande concentration en Europe, dans un même espace, de bâtiments conçus par Charles-Édouard Jeanneret-Gris, plus connu sous le nom de Le Corbusier. L'un des plus célèbres architectes français, dont une grande partie de l'œuvre, construite au quatre coins du monde, a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016.
 

Ce groupement de créations est situé en plein dans le centre-ville de Firminy, sur un terrain légèrement renfoncé en forme de cuvette. On y trouve donc : une église religieuse, l'église saint-Pierre, un stade et sa tribune, une maison de la culture et une unité d'habitation, dans le style des cités radieuses de Marseille ou Rezé. Quatre infrastructures se côtoient donc sur ce site, avec une proximité et une perspective tout à fait étonnante. Ils partagent tous une même matière : le béton, et sont destinés à des usages collectifs et variés : prier, faire du sport, habiter et se cultiver, dans cet ordre ou dans un autre.
 

Pourquoi tous ces bâtiments se sont retrouvés à Firminy ?

On laisse la parole au maire de la ville.

Archive : Eugène Claudius-Petit en  janvier 1969

Eugène Claudius-Petit, ami de Le Corbusier a été maire de Firminy de 1953 à 1971. C'est lui qui a fait appel à l'architecte pour ce projet baptisé à l'époque "Firminy Vert". Comme il le dit dans l’archive, la ville a un héritage noir. Tout comme sa voisine Saint-Etienne, elle a été durement frappée par les crises successives des charbonnages et de la sidérurgie, les principales activités économiques de la région. Les constructions du Corbusier avaient entre autres pour vocation de répondre au chômage et au chaos économique de la région. 

C’est un projet de reconstruction donc, comme une grande partie de son œuvre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Mais un projet tardif et qui a pris du temps. Il a été initié dans les années 50, et Le Corbusier ne verra de son vivant que la construction de la maison de la culture, puisqu’il meurt en 1965, en plein chantier. On l’écoute.

Archive : Le Corbusier en 1962

Elle est surprenante cette modestie du Corbusier quand on pense à tous les projets gigantesques qu’il a bâti à travers le monde. Néanmoins cette idée simple d’addition d’une chose après l'autre, c'est littéralement ce qu'on voit à Firminy : un bâtiment après l'autre. Dans ce centre-ville, dans ce morceau de ville signé par l’architecte, on peut imaginer et rêver ce qu'aurait pu donner une ville entière dessinée et construite par lui. Comme un morceau d'utopie qui se serait écrasé au beau milieu d'une cité.
 

L'intérieur de l'église Saint-Pierre
L'intérieur de l'église Saint-Pierre Crédits : Philippe Desmazes - AFP

"Seau à charbon"

L'espace Firminy Vert a évidemment suscité, comme tous les grands projets architecturaux, et ceux du Corbusier en particulier un certain nombre de critiques. Mais je parlerai pour finir de sa construction la plus impressionnante : l'église Saint-Pierre, que les gens du coin - dont ma grand-mère - appellent, affectueusement ou pas, le "seau à charbon". Elle a été achevée tardivement, en 2006 par l'architecte José Oubrerie, un disciple du Corbusier. C'est un bâtiment tout en béton, une forme qui hésite entre le vaisseau atterri et le seau, ses courbes s'élèvent vers le ciel et sont coupées par un toit incliné. L'intérieur est d'une sobriété majestueuse, lui aussi tout habillé de béton. L’un de ses murs est percé d'étoiles qui font entrer la lumière et dessinent un signe mystérieux et païen : la constellation d'Orion.
 

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