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Vue d'un jardin de la Villa Noailles à Hyères

Les villas du nord et du sud de Robert Mallet-Stevens : Cavrois et Noailles

3 min
À retrouver dans l'émission

La villa Cavrois à Croix (Nord) et la villa Noailles à Hyères (Var) on été conçues par l'architecte Robert Mallet-Stevens. Visite de ces deux villas, aux antipodes de la France.

Vue d'un jardin de la Villa Noailles à Hyères
Vue d'un jardin de la Villa Noailles à Hyères Crédits : Gerard SIOEN - Getty

Aujourd'hui, nous visitons deux lieux en même temps, aux deux points cardinaux opposés de la France. On part à la fois à Hyères dans le Var, et à Croix dans le Nord. Ces deux villes abritent, sous deux climats très différents, des villas dessinées et construites par l’architecte Robert Mallet Stevens (1886-1945), le fondateur de l'Union des Artistes Modernes. L'une voisine Toulon, l'autre côtoie Tourcoing (on dirait une chanson de Brassens). L'une c'est la villa Cavrois, l'autre c'est la villa Noailles. Deux commandes passées à Mallet-Stevens par de riches familles éclairées.
 

Villa Cavrois
Villa Cavrois Crédits : PHILIPPE HUGUEN - AFP

Cavrois et Noailles, à Hyères et à Croix, au nord et au sud : tentative de visite des deux villas en deux minutes. 

Intérieur de la Villa Noailles
Intérieur de la Villa Noailles Crédits : Thérèse Bonney - Getty

On commence par la plus ancienne : la villa Noailles de Hyères. Elle a été construite entre 1923 et 1933, sur une colline qui surplombe la ville. Sa couleur dominante est le blanc, et elle compte 1800 m² en superficie. C'est peut-être la plus célèbre des constructions de Mallet-Stevens.

Elle représente pour l'architecte et décorateur un geste inaugural, une manière de présenter son style, minimal et sans ornements, devant le monde. Il invente aussi toute une cohérence entre les pièces et leur ameublement. Les commanditaires sont glamour : Marie-Laure et Charles de Noailles, un grand couple de mécènes aristocrates qui ont fait vivre la villa en y accueillant une foule d'artistes d'avant-garde des années 20 et 30 : Man Ray, Dali, ou Buñuel. Elle a été méchamment décrite comme un "Kolkhoze du snobisme", ce qui est injuste quand on regarde la villa de près : des lignes claires, une grande intelligence de l'agencement des espaces et de l'exposition à la lumière.
 

La villa Cavrois à Croix
La villa Cavrois à Croix Crédits : Philippe Huguen - AFP

A l’autre bout de la France, à Croix, dans le Nord, on trouve la villa Cavrois. Bâtie entre 1929 et 1932, elle se caractérise par son étonnante couleur jaune, liée à la teinte de ses briques. L'enjeu architectural est ici tout différent pour Mallet Stevens puisque la demeure est destinée à la vie d'une famille nombreuse : deux parents et sept enfants. Le commanditaire est un peu moins glamour, mais tout aussi riche que les Noailles : c'est Paul Cavrois, un important industriel du textile dans la région. 

Il laisse une carte blanche totale à l'architecte pour exprimer son génie. Et il verra les choses en grand : presque 2000 m² de surface habitable à laquelle s'ajoutent 1000 m2 de terrasse. La demeure est de plus entourée d'un parc pourvu d'un magnifique miroir d'eau longiligne de 72m

Mallet-Stevens invente avec la villa Cavrois un véritable château fonctionnaliste, où les espaces, les dimensions et les lumières se répondent. De plus, la villa compte un téléphone et un poste de TSF dans toutes les pièces, un grand luxe pour l'époque. 

Dans le sud, un palais pour des artistes. Dans le nord, un manoir familial, luxueux et sobre à la fois. Ce sont deux traductions du génie de Robert Mallet-Stevens, de sa conception de l'habitat moderne, et de l’art de vivre qu’elles inventent. Les deux villas ont cependant un destin mélancolique en commun : elles ont toutes deux été abandonnées après la guerre. Dans les années 50 et 60 le travail de Mallet-Stevens tombe en effet en désuétude, et ses constructions en délabrement. 

C'est souvent le sort des habitations privées : elles sont soumises aux aléas du destin de leurs propriétaires. Néanmoins, le travail de Robert Mallet-Steven a été redécouvert par la suite, les deux maisons ont finalement été protégées grâce à des admirateurs de son œuvre. Elles sont rentrées dans le giron public et ont été transformées en musées, changeant au passage radicalement l’usage de ces lieux, de villas pour riches elles sont devenues des espaces publics. Alors que vous soyez au Sud ou au Nord, allez y jeter un œil.

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