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Greta Thunberg devant le Congrès US avec un rapport du GIEC le 18/09/ A Marseille, l’audience du procès d’expulsion d’un bâtiment squatté par 158 mineurs réfugiés est reporté au 17/10 (photo su 19/09)

1/ Climat/ GIEC : une expertise entre sciences et politique ? 2/ France/ immigration : un débat de circonstance ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec le journaliste Gérard Courtois, la sociologue Dominique Schnapper, le dessinateur Plantu et l'ancien Ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine.

Greta Thunberg devant le Congrès US avec un rapport du GIEC le 18/09/ A Marseille, l’audience du procès d’expulsion d’un bâtiment squatté par 158 mineurs réfugiés est reporté au 17/10 (photo su 19/09)
Greta Thunberg devant le Congrès US avec un rapport du GIEC le 18/09/ A Marseille, l’audience du procès d’expulsion d’un bâtiment squatté par 158 mineurs réfugiés est reporté au 17/10 (photo su 19/09) Crédits : ALEX WONG / VALLAURI Nicolas - AFP

Première partie : Climat/ GIEC : une expertise entre sciences et politique ?

"Le Petit Chaperon Vert"
"Le Petit Chaperon Vert" Crédits : Plantu

Mardi 17 septembre des scientifiques français ont présenté de nouvelles simulations climatiques. Une centaine de chercheurs et d’ingénieurs, notamment du CNRS, du CEA et de Météo-France, ont participé à ces travaux et à la création de deux modèles distincts : dans le pire des scénarios considérés, la hausse de température moyenne globale atteint 6,5 à 7 degrés en 2100. Ce scénario du pire reposant sur une croissance économique rapide alimentée par des énergies fossiles. Les experts du GIEC ont également présenté un scénario plus optimiste reposant lui sur une forte coopération internationale et donnant priorité au développement durable” ce qui permettrait de rester sous l’objectif des 2°C de réchauffement, mais “tout juste” précise le rapport et à condition d’acter une diminution immédiate des émissions de CO2 jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’échelle de la planète vers 2060. Un scénario optimiste qui impliquerait également une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100, ce que la technologie ne permet pas de faire actuellement. 

Alors on se souvenait de ces propos du militant écologiste José Bové déclarant l’été dernier. "Le GIEC s’époumone à alerter et les gouvernements font du business as usual". Alors le GIEC : lanceur d’alerte criant dans le désert ou instance intergouvernementale d’expertise jouant un rôle déterminant et se positionnant avec habileté entre science et politique ?

"Rapport du GIEC"
"Rapport du GIEC" Crédits : Plantu

Deuxième partie : France/ immigration : un débat de circonstance ?

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. Crédits : Plantu

La scène se passe lundi 16 septembre dans les jardins du Ministère des relations avec le Parlement : Le Président de la République s’adresse en cette rentrée aux élus de sa majorité, lorsque surgit un thème de rentrée politique auquel personne ne s’attendait : l’immigration. Là où les ténors de la majorité avaient peaufiné tous leurs éléments de langage sur les retraites, l’écologie, la bioéthique a donc surgi ce discours inattendu sur l’importance de « regarder en face » la question migratoire, avec une lecture sociologique elle aussi inédite chez le président, avec cet argument de classe : La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n'ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas (l’immigration). Les classes populaires, elles, vivent avec.

Et le chef de l’Etat d’inviter à durcir les règles du droit d’asile en en dénonçant les abus, d’insister sur la sécurité et la lutte contre les communautarismes, d’expliquer qu’il ne voulait pas abandonner ces sujets régaliens à l’extrême droite, estimant n’avoir qu’un seul adversaire sur le terrain, à quelques mois des élections municipales : le parti de Marine Le Pen. Lâchant enfin cette phrase-choc : "en prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste."  

Résultat : comme un malaise de rentrée à l’intérieur même de la majorité présidentielle, une quinzaine de députés LREM appelant dès le lendemain, mardi 17 septembre, à une gestion "humaine" de ces questions, dans une tribune de presse appelant à _"éviter une hystérisation inversement proportionnelle à la réalité migratoire", réclamant que l’on parle davantage "d’intégration »._ Les mêmes députés de l’ aile gauche de la majorité adressant également une lettre ouverte au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur, dans laquelle ils appellent à ne pas remettre en cause l'AME : cette aide financière à l'accès aux soins pour les sans papiers que le candidat Emmanuel Macron, avant d'être élu, promettait de ne pas remettre en cause. Pendant ce temps, la presse de droite s’étonnait elle aussi de ce nouveau credo ou créneau présidentiel, l’éditorialiste du Figaro rappelant jeudi le précédent de "l’identité nationale" de Nicolas Sarkozy qui avait électrisé le pays mais débouché sur une impasse.

En attendant, les termes du débat étaient posés : on les avait abondamment entendus cette semaine, sans que ne soient vraiment exprimées les circonstances qui les faisaient surgir.

La vision de l'Europe par le dessinateur israélien Shay Charka
La vision de l'Europe par le dessinateur israélien Shay Charka Crédits : Shay Charka
Intervenants
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
  • dessinateur au Monde. Fondateur de Cartooning for peace
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
L'équipe
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