LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Jacques Chirac en 2006 / Greta Thunberg & Emmanuel Macron & le président Iranien Hassan Rohani à l'Assemblée Générale de l'ONU à New York cette semaine

1/ Jacques Chirac: un président si français ? 2/ Urgence climatique: Dr Macron et Miss Thunberg 3/ Vu d’Iran: quelle(s) stratégie(s) ?

57 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec la philosophe Monique Canto-Sperber, l’économiste Daniel Cohen, la journaliste Christine Ockrent et le directeur de l'IFRI (Institut français des relations internationales) Thomas Gomart.

Jacques Chirac en 2006 / Greta Thunberg & Emmanuel Macron & le président Iranien Hassan Rohani à l'Assemblée Générale de l'ONU à New York cette semaine
Jacques Chirac en 2006 / Greta Thunberg & Emmanuel Macron & le président Iranien Hassan Rohani à l'Assemblée Générale de l'ONU à New York cette semaine Crédits : PATRICK KOVARIK / STEPHANIE KEITH / Ludovic MARIN / Angela Weiss - AFP

1/ Jacques Chirac: un président si français ?

Jacques Chirac est mort. Il a  joué les premiers rôles sur la scène politique française pendant près d’un demi-siècle, notamment comme député de Corrèze ET maire de Paris, à une époque où le cumul des mandats, loin d’être condamné, faisait quasiment partie du cursus politique, offrant à celui qui les exerçait une excellente connaissance de la France mais avec d’autres dérives, à commencer par celle des emplois fictifs.

Et puis Chirac était devenu le Président Chirac, avec deux mandats, une cohabitation et un bilan présidentiel bien mince disaient les détracteurs, sans doute parce que le chiraquisme se définissait d’abord et avant tout comme un refus de bousculer la société française par des réformes trop audacieuses, le chiraquisme ou cette prudence très « paysan corrézien » ou très « rad soc » de celui qui connaissait mieux que quiconque l’Esprit français et ses paradoxes : entre travaillisme à la française et libéralisme, Chirac ne tranchait pas toujours… ou ne craignait jamais de changer d’avis, sur l’Europe notamment .

Plus engagé et mémorable fut pourtant le Chirac des grands discours mémoriels et des évolutions sociétales : le discours du Vel d’Hiv, la suppression du service militaire, la lutte pour la sécurité routière, le plan anti-cancer… Mais au fond, sans doute que ce que le Président Chirac avait le mieux réussi dans sa longue vie, c’était d’être tellement « made in France » : d’être ce grand gaillard hâbleur et râleur qui fumait, mangeait de la tête de veau, croquait des pommes et aimait la bière, les femmes, et les infractions à la loi, le Chirac qui refusait de s’aligner sur les Etats-Unis, qui disait non à la guerre en Irak en 2003. Terriblement gaulois, à défaut d’être parfaitement gaullien, lorsqu’il dérapait en gauloiseries ou sur le bruit et les odeurs… Chirac tellement aimé des Français, tel un père ou grand père de la nation accessible et familier,  dès l’instant où il n’avait plus été en fonction…

Jacques Chirac, un président français !

2/ Urgence climatique: Dr Macron et Miss Thunberg

Imaginez comme c’est déplaisant quand on est un jeune chef de l’Etat français très motivé pour jouer sur la scène internationale les ambassadeurs de l’urgence climatique quand un beau jour une jeune militante écologiste accède à la tribune de l’Onu pour vous accuser de violer les droits des enfants en n’agissant pas pour sauver le climat ?

Aux côtés de 15 autres jeunes, Greta Thumberg a donc déposé cette semaine une plainte inédite devant le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU contre la France et 4 autres pays, Allemagne Argentine Brésil et Turquie, suscitant l’incompréhension de ceux qui estimaient que pointer du doigt comme principaux fauteurs de pollution la France et l’Allemagne mais pas les Etats Unis pas la Chine pas l’Inde soit les 3 principaux pollueurs n’était pas très justifiable. En réalité on a compris un peu plus tard que Greta et ses conseils juridiques ont décidé d’utiliser une procédure qui ne peut s’exercer QUE contre des pays  qui ont signé les conventions onusiennes des droits de l’enfant, or Washington, Pékin et New Delhi n’ont jamais ratifié ces textes. Une bataille juridique puis surtout tout au long de la semaine, une bataille d’opinions : avec d’un côté ceux que les larmes de la jeune militante avaient bouleversé parce qu’ils y lisaient une capacité à percevoir de tout son être et dans sa chair ce que notre époque ne voulait pas regarder en face. Et de l’autre côté ceux qui trouvaient déplaisante voire exaspérante cette radicalisation et cette simplification du débat, rappelant que la politique environnementale était un sujet sérieux, un sujet d’adultes qui requiert des choix, des arbitrages, des décisions d’une complexité infinie. Sans oublier, dans une catégorie que nous laisserons soigneusement à part, les quelques fâcheux osant des commentaires douteux sur l’autisme de la jeune fille, sans parler des dérapages un peu grivois-séniles de certains sur le thème « des petites suédoises ».

En attendant, que répondre à la question de la semaine : au chevet du climat, quelle thérapie choisir : celle du Dr Macron ou celle de Miss Thunberg ?

3/ Vu d’Iran: quelle(s) stratégie(s) ?

Autre sujet au centre de cette 74e assemblée générale des Nations Unies : la crise iranienne, et le suspens entretenu par la diplomatie française qui jusqu’au bout a fait mine de croire possible une rencontre entre Hassan ROhani et Donald Trump. En vain. On a vite compris en écoutant le dirigeant iranien s’exprimer à la tribune, que l’apaisement des tensions dans le Golfe n’était pas pour demain,

Deux semaines après l’attaque de puits de pétrole à l’est de l’Arabie Saoudite que désormais les pays occidentaux attribuent tous à l’Iran, quelle est donc la stratégie de Téhéran ? 

Intervenants
  • Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure, Président de l'Ecole d'Economie de Paris
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......